Vœux devant la communauté d’affaires française (13 janvier 2015)

Vœux devant la communauté d’affaires française
13 janvier 2015



Monsieur le Président de la CCIFP, cher Maciej Witucki,
Madame la Directrice chère Monika Constant,
Monsieur le Président de la section polonaise des CCEF, cher Jean Rossi,
Mesdames et Messieurs les chefs d’entreprises,
Mesdames et Messieurs, chers amis,


Permettez-moi en ce début 2015 de vous adresser mes meilleurs vœux, en mon nom propre comme en celui de toute cette ambassade et de ses différents services avec lesquels les uns et les autres avez l’habitude de travailler. J’aurais souhaité pouvoir le faire dans un climat plus serein, mais les tragiques événements qui ont marqué notre pays la semaine dernière sont venus assombrir une période qui se prête normalement davantage aux espoirs et aux résolutions pour la nouvelle année.
Vous étiez nombreux à être présents jeudi dernier en ces lieux pour marquer notre unité et notre détermination à faire face. Je saisis cette occasion pour vous en remercier. Mais au-delà de la communauté française, ces événements douloureux ont également été l’occasion pour nos amis polonais de montrer un soutien et une solidarité sans faille, au plus haut niveau comme à celui des varsoviens anonymes, nombreux à avoir laissé un message, une bougie ou une fleur devant cette ambassade.

La venue en ces lieux – dans la salle où nous nous trouvons, du reste – le 8 janvier du Président de la République polonaise, de la Première Ministre, du président du Sejm, tout comme la participation de Donald Tusk et de Ewa Kopacz à la grande marche de Paris dimanche après-midi, sont des marques supplémentaires de la maturité et de la chaleur de nos relations franco-polonaises.

L’année 2014, marquée par tant d’anniversaires importants pour le Pologne, avait avant cela confirmé les « retrouvailles » entre nos deux pays, retrouvailles que j’avais évoquées devant vous l’an dernier. Mais 2015 ne sera pas en reste, et dans quelques jours le Président Hollande viendra aux côtés du Président Komorowski commémorer le 70ème anniversaire de la libération du camp d’Auschwitz, avant d’accueillir le 30 de ce mois à Paris Mme Kopacz et plusieurs de ses ministres pour les consultations gouvernementales annuelles entre nos deux pays.
Vous le savez, ce renouveau de la relation franco-polonaise est loin de se limiter au seul domaine politique, et permettez-moi d’insister davantage ce soir, devant cette assemblée, sur notre relation économique.

Nous partageons avec nos amis polonais sur les grands sujets européens des positions qui n’ont cessé de se rapprocher au cours de la dernière période. Ainsi le nécessaire rééquilibrage de la politique économique européenne en faveur de la croissance, qui est également une position forte du gouvernement polonais, - et chacun a pu constater que le Plan Juncker de relance de la croissance en Europe a pu trouver une inspiration dans les idées défendues par la France, comme dans les propositions polonaises notamment celles du ministre des Finances M. Szczurek.
Je citerai également, à ce titre, la position commune entre nos deux pays sur la nécessaire compétitivité de nos industries et la place importante de celles-ci dans la croissance… Et quand des divergences de vue subsistent, comme sur les enjeux climatiques lors des préparatifs du dernier Conseil européen d’octobre, le dialogue permanent permet de dégager les compromis et de continuer d’avancer pour faire de la conférence de Paris, en décembre, une réussite.

Si je rappelle ces quelques faits, pour m’en féliciter, c’est également pour souligner la marge qui demeure pour que nos relations économiques bilatérales soient à la hauteur de cette entente retrouvée. La France a fait le choix et le pari de la Pologne dans les années 90, quand ce pays se reconstruisait. Ses entreprises aujourd’hui présentes dans de multiples secteurs ne peuvent que s’en féliciter : avec un investissement direct cumulé proche de 20Mds €, notre pays se situe entre le troisième et le deuxième rang des investisseurs étrangers, proche de l’Allemagne. Cet intérêt et cet investissement doit également se retrouver en flux, et je forme l’espoir que le niveau limité de l’investissement net français enregistré en Pologne en 2013, 200 M €, ne soit qu’une faiblesse passagère après les 3 Mds € de l’année précédente. C’est un message que nous tous ici devons passer à tous nos interlocuteurs, à nos autorités comme à nos comités de direction ou aux différents médias : la Pologne reste une formidable terre d’opportunités pour nos entreprises, ce n’est pas aux chefs d’entreprises ici ce soir que je vais l’apprendre.

La marge de progression est bien plus importante quand on considère nos échanges commerciaux bilatéraux : excédentaires à notre profit jusqu’en 2008, ils n’ont cessé de se dégrader pour atteindre un déficit de près de 1,3Md € en 2013, chiffre qui aura été sans doute plus proche de 1 Md en 2014, marquant ainsi une inflexion dans cette dégradation. Pour autant, le constat est là : si nous enregistrons des excédents dans les secteurs de la chimie, de la cosmétique ou de la pharmacie, nos déficits se creusent notamment dans les industries agro-alimentaires qui pèsent désormais pour près des deux tiers du déséquilibre. Les causes en sont variées et complexes et je serais bien téméraire d’en tirer des conclusions définitives : les différentiels de croissance entre nos deux pays, la spécialisation industrielle de la Pologne dans certains secteurs mécaniques ou électriques, les difficultés à d’adapter à un marché encore largement tiré par les prix, sont sans doute autant de facteurs partiellement explicatifs.

La bataille économique est un effort de tous les instants, et je compte sur La Chambre, sur nos conseillers du commerce extérieur, sur vous tous ici ce soir pour inlassablement expliquer à nos entreprises, notamment petites et moyennes, qu’il faut se lancer dans l’aventure polonaise, que l’image encore trop souvent véhiculée en France sur ce pays est datée et dépassée.
Je compte sur vous également pour relayer un thème qui m’est cher : accroître notre présence économique, notamment en termes d’exportations, c’est aussi travailler en équipe avec d’autres entreprises françaises chaque fois que c’est possible, associer ces entreprises à la « supply chain », faire appel à elles pour l’ingénierie ou l’outsourcing, accorder une place plus importante aux produits français dans la grande distribution.

Face à tous ces défis, l’ambassade est, je le redis, à vos côtés. Elle est bien sûr en première ligne pour de grands marchés régaliens, d’armement ou énergétiques, où la décision finale comporte une dimension politique. Mais sur tous les marchés, petits ou grands, qui font les résultats finaux de nos échanges et de notre présence économique, elle peut apporter sa contribution de manière plus indirecte.
D’abord en veillant à l’image de la France, je dirais même en contribuant à créer une « envie de France » propice par exemple au développement du tourisme polonais vers notre pays. Plusieurs évènements iront dans ce sens cette année, du rendez-vous culinaire mondial « Good France » du 19 mars prochain auquel quelques dizaines de chefs polonais ont accepté de participer, à l’exposition sur les villes françaises sur les grilles de Lazienki en mai prochain ou au salon du livre de Varsovie dont la France sera cette année invitée d’honneur.

Notre action, c’est également de développer les relations avec les collectivités locales polonaises qui, vous le savez, joueront un rôle plus important dans la consommation des fonds européens dans les années à venir. Et leurs besoins, dans l’efficacité énergétique, le chauffage urbain, la gestion des déchets, la mobilité urbaine et bien d’autres secteurs sont immenses : à nous de profiter de cet appétit en utilisant notre savoir-faire, nos événements désormais bien installés dans le paysage polonais – tels que notre concours EcoMiasto – en mobilisant des instruments comme les PPP, que nous souhaitons fortement promouvoir cette année en Pologne.

Cette ambassade est à votre service, vous devez vous y sentir chez vous. Elle est à vos côtés quand il s’agit d’essayer de lever des obstacles ou des blocages, à l’image des efforts engagés au côté d’autres ambassades dans le secteur de la construction. Plus généralement, les réunions de branches regroupant toutes les entreprises françaises d’un secteur – et qui sont parfois l’occasion pour elles de se connaître – participent de ce soutien, tout comme le « Club Agro » créé l’an dernier avec les acteurs du secteur des IAA et du machinisme agricole.

Mesdames et Messieurs, nous avons en commun d’évoluer et de travailler au sein d’un pays attachant, riche de potentialités et auquel nous lie une longue histoire d’amitié. Dans le domaine économique, nous formons ici « l’équipe de France », qui doit travailler de concert pour gagner des marchés et accroître encore notre présence. Soyez sûrs de ma détermination et de mon soutien, comme de celle de toutes les équipes de l’ambassade, pour arriver ensemble à cette fin.
Meilleurs vœux encore une fois à toutes et tous.

Dernière modification : 13/01/2015

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