Séminaire à la CCIFP avec des entrepreneurs polonais 13 mai 2014 [pl]

Séminaire à la CCIFP avec des entrepreneurs polonais

13 mai 2014

Madame la Directrice générale,

Mesdames, Messieurs,

Bonjour à tous et merci de me donner l’opportunité de m’exprimer devant vous ce matin à l’occasion d’une journée que j’espère fructueuse et qui vous permettra, je n’en doute pas, de mieux connaître les opportunités d’affaires qui se font jour dans notre pays et de développer ainsi vos activités futures en France.

Je suis heureux de vous donner un aperçu de la situation économique de la France, des secteurs les plus porteurs et comment notre pays souhaite faciliter les nouveaux investissements étrangers. Je terminerai mon propos avec quelques éléments sur la présence polonaise en France et le rôle de l’Ambassade pour la promotion de la France à l’attention des investisseurs polonais.

1/ Tout d’abord, quelques informations sur la situation économique de la France, où la croissance repart après la stagnation enregistrée en 2012. Elle a atteint 0,3% l’an passé et le gouvernement français a retenu la même hypothèse de croissance que la Commission européenne pour 2015, soit 1,7%, après une prévision relevée à 1% contre 0,9% initialement pour cette année. Le rétablissement des conditions de la confiance devrait en particulier se traduire par une reprise des investissements des entreprises, qui devraient augmenter de 5,2% en 2015 selon le programme de stabilité.

En termes d’emploi, le Président de la République fait de la lutte contre le chômage une priorité absolue. Les différentes mesures décidées d’allègement des charges sociales sur les entreprises devraient se traduire par la création de 40 000 emplois en 2015, 120 000 en 2016 et 190 000 au cours de l’exercice suivant. Ces créations d’emploi contribueront au rétablissement de la confiance des ménages pour les inciter à consommer. La consommation des ménages augmenterait ainsi de 1,6% en 2015, stimulée en outre par les gains de pouvoir d’achat liés aux mesures du pacte de responsabilité et de solidarité que je n’ai malheureusement pas le temps de développer ici dans le détail.

S’agissant de la situation des finances publiques, le programme de stabilité récemment voté par l’Assemblée nationale prévoit que le déficit budgétaire reviendra, comme prévu dans les engagements pris par la France vis-à-vis de la Commission européenne, à 3% du PIB en 2015. Ceci constitue un effort considérable puisque l’impasse budgétaire aura ainsi été réduite de 4,9% en 2012 à 4,3% en 2013 et 3,8% estimés pour cette année.

2/ Quelques éléments maintenant sur les secteurs porteurs en France pour les entreprises étrangères. Comme vous le savez certainement, la recherche et développement (R&D) et l’innovation sont des priorités nationales françaises. La France se classe au second rang européen et à la sixième place mondiale pour le dépôt de brevets internationaux. Elle compte 71 pôles de compétitivité qui stimulent la R&D au travers de partenariats publics- privés : 608 entreprises étrangères en sont membres. Selon l’Agence Française pour les Investissements Internationaux (AFII), plus de 200 investissements étrangers ont été effectués dans la R&D depuis 2007, dont 45 pour le seul exercice 2012.

Outre la R&D et l’innovation, le Programme d’investissement d’avenir, qui consiste à cofinancer des projets d’excellence avec une enveloppe globale de 2,2 Mds €, cible le développement et la diffusion des technologies génériques, la formation, la transition énergétique, le développement de l’économie du vivant et la santé. En outre, le Premier ministre a annoncé le 9 juillet 2013 un nouveau Programme d’investissement d’avenir (PIA 2), doté de 12 Mds € et qui couvre notamment, outre les secteurs déjà mentionnés, la rénovation thermique, la ville de demain, l’aéronautique et l’espace et l’économie numérique.

Sur ce dernier point, la feuille de route du Gouvernement pour le numérique prévoit en particulier la mobilisation de 450 M € pour encourager sa diffusion dans l’économie française, 300 M € à disposition des PME pour « introduire plus de numérique dans leurs produits et leurs processus de production », et 150 M € pour soutenir l’effort d’investissement des entreprises dans cinq technologies stratégiques. Avec 73 décisions d’investissements en 2012, le secteur des « logiciels et technologies de l’information » est le premier secteur créateur d’emplois issus d’investissements étrangers en France.

Enfin, je souhaiterais dire un mot sur le projet du « Nouveau Grand Paris » récemment confirmé. Celui-ci vise le développement économique durable, solidaire et créateur d’emplois de la région Capitale. La recherche, l’innovation et la valorisation industrielle seront favorisées, sur des territoires qui comptent aujourd’hui 80 000 chercheurs, 7 pôles de compétitivité et 850 laboratoires de recherche. 32 Mds € seront en particulier consacrés à la modernisation et à l’extension des réseaux de transport existants.

3/ La CCIFP m’a demandé de vous indiquer comment la France souhaitait faciliter les nouveaux investissements étrangers. Sans trop rentrer dans le détail car ces points seront sans doute examinés plus tard dans la journée, j’aimerais évoquer rapidement trois thèmes : la fiscalité, la mobilité de l’emploi et les pôles de compétitivité.

Mais tout d’abord un rappel général pour montrer combien la France est une terre d’accueil privilégiée pour les investissements étrangers. Notre pays est en effet :

- La 1ère destination européenne pour les investissements étrangers dans l’industrie ;

- La 1ère destination en Europe des investissements américains créateurs d’emplois ;

- Et se situe au 4ème rang en termes de stocks d’IDE entrants en 2012.

3. a/ Au plan fiscal, le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) permet d’alléger le coût du travail de 6% depuis cette année. Le bénéfice pour les entreprises est estimé à 20 Mds € par an. Ce crédit d’impôts est calculé en proportion de la masse salariale de l’entreprise (hors salaires supérieurs à 2,5 fois le SMIC).

Le crédit d’impôt recherche (CIR) constitue par ailleurs le dispositif d’incitation fiscale à la R&D le plus attractif d’Europe. Il a, en particulier, bénéficié à plus de 2 000 entreprises étrangères parmi les 18 000 entreprises déclarantes au CIR entre 2008 et 2010.

Enfin, La France est classée très favorablement selon le critère du taux effectif d’imposition des bénéfices qui tient compte des différences d’assiette selon le pays : elle est au premier rang pour les activités de R&D (Royaume-Uni - 5ème, Allemagne - 11ème) et à la sixième place pour les activités de production 5allemagne 10ème et Italie 13ème).

3. b/ Un autre point sur lequel je souhaite souligner les efforts de la France pour attirer de nouveaux investissements étrangers est la facilitation de la mobilité internationale. Je mentionnerais à cet égard trois points :

- La carte « compétence et talents », notamment pour le ressortissant étranger nommé dirigeant d’une filiale en France ;

- La carte de séjour « salarié en mission », dédiée aux salariés en mobilité intra-groupe ; et enfin

- La « carte bleue européenne » réservée aux salariés hautement qualifiés et qui justifient d’un minimum de 3 ans d’études supérieures ou de 5 années d’expérience professionnelle.

3. c/ Enfin, s’agissant des pôles de compétitivité, plus de 600 entreprises étrangères implantées en France sont déjà membres des 71 structures actuellement en activité. Le Gouvernement français a décidé, dans le cadre du Pacte national pour la compétitivité, la croissance et l’emploi, de pérenniser cette politique des pôles de compétitivité en lançant une troisième phase, qui s’étale sur la période 2013-2018. L’objectif principal est d’intensifier les retombées économiques. Parmi les 2 500 projets de R&D labellisés par les pôles en 2011, plus d’un sur 10 impliquait au moins une entité localisée hors de France.

4/ Autre point que la CCIFP a souhaité aborder : la situation des entreprises polonaises déjà implantées en France.

Selon le Service économique polonais près l’Ambassade de Pologne à Paris, le stock d’IDE polonais en France est évalué, à fin 2011, à 2,5 Mds EUR.

Pour l’essentiel, les investissements directs polonais en France se concentrent sur le secteur des services : BTP, transports, informatique/IT, commerce, hôtellerie.

Dans une moindre mesure, les investissements directs polonais en France trouvent aussi à s’employer dans le domaine industriel. On relèvera en particulier quelques investissements dans l’industrie mécanique, métallurgique ainsi que l’agro-alimentaire.

Mais, pour vous dire les choses avec franchise, nous restons quelque peu dubitatifs devant ce montant de 2,5 Mds € que les statistiques françaises ne corroborent pas. Selon les chiffres de la Banque de France, la Pologne ne figure en effet pas parmi les 20 premiers investisseurs étrangers en termes de stock. Ce sont l’Australie et la Finlande qui se partagent, ex aequo, la dernière place avec un stock de 1,9 Mds €.

Un autre indicateur sans doute utile à cet égard est une étude récente du GUS, qui porte sur l’activité des sociétés polonaises à l’étranger en 2012.

D’après cette étude, il existe, à fin 2012, 69 entreprises polonaises implantées en France et qui mobilisent des effectifs totaux de 889 personnes. Ces sociétés ont réalisé au cours de cet exercice un chiffre d’affaires de 1,259 Mds PLN (soit environ 300 M €). Ces données se comparent tout à fait favorablement à l’Italie, dont le nombre d’entreprises polonaises implantées sur le territoire est de 35, pour des effectifs totaux de 521 agents et un CA global, en 2012, de 715 M PLN (171 M EUR). C’est aussi le cas avec le Royaume-Uni, qui compte 61 entreprises polonaises implantées localement pour des effectifs totaux de 621 personnes et un CA global 2012 de 1, 255 Mds PLN (300 M EUR).

5/ le rôle de l’Ambassade dans la promotion de la France en Pologne

Ce rôle est tout à fait fondamental, notamment dans le cadre de la diplomatie économique et du développement de l’attractivité touristique de notre pays. Mais il ne se limite pas aux services de l’Ambassade stricto sensu, même si ceux-ci jouent évidemment un rôle moteur et d’entrainement.

Offrir une image moderne et performante de notre pays est également fondamental et la Chambre de commerce et d’industrie française en Pologne, tout comme la section polonaise des conseillers du commerce extérieur de la France, mènent à cet égard une action tout à fait efficace dans ce domaine.

Je les en remercie, tout comme je vous remercie de votre attention. Je vous souhaite des travaux fructueux et productifs pour le reste de la journée.

Dernière modification : 13/05/2014

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