Remise de distinctions à Mme Iwona Chećko, à MM. Jarosław Kurski et Paweł Zalewski [pl]

Remise des insignes
de chevalier dans l’Ordre national du Mérite
à Mme Iwona Chećko,
de chevalier dans l’Ordre de la Légion d’Honneur
à M. Jarosław Kurski et à M. Paweł Zalewski,

(Résidence de France, le 25 février 2013)

Monsieur le Premier ministre,
Monsieur le député,
Madame le procureur,
Monsieur le rédacteur,
Mesdames et Messieurs,
chers amis,

Nous sommes réunis aujourd’hui pour honorer trois éminentes personnalités polonaises qui ont été nommées par la France au grade de chevalier dans l’Ordre national de la Légion d’Honneur et dans l’Ordre national du Mérite.

L’Ordre national de la Légion d’Honneur a été institué par Napoléon Bonaparte en 1802 et l’Ordre national du Mérite par le général de Gaulle en 1963. Ces deux ordres récompensent les mérites de personnalités ayant contribué de façon exemplaire au rayonnement de la France et des valeurs qu’elle défend et promeut dans le monde.

Avant de remettre leurs insignes à Mme Iwona Chećko, à M. Jarosław Kurski, et à M. Paweł Zalewski, permettez-moi d’évoquer brièvement, comme le veut la tradition, les mérites propres qui leurs valent d’être ainsi distingués par la France.

* * *

Madame le procureur, Madame Iwona Chećko,

Native d’Olsztyn, en Warmie, vous effectuez vos études de droit à l’Université de Varsovie. Après l’obtention de votre maîtrise, vous effectuez vos stages d’application auprès du tribunal régional de Varsovie, puis du parquet régional de Varsovie. Vous commencez alors votre carrière de procureur au parquet de district de Varsovie, puis au parquet régional de Varsovie.

Vous participez alors à de nombreux stages juridiques à l’étranger pour enrichir et compléter votre connaissance des différents systèmes juridiques internationaux, et notamment du système français.
C’est ainsi que vous participez un stage organisé à Paris par l’École nationale de la magistrature. Vous suivez également le cycle de formation européen dispensé conjointement par l’École nationale d’administration (ÉNA) et l’Office du Comité de l’intégration européenne (UKIE) à Varsovie, complété par un stage pratique au ministère de la Justice français.
Vous participez également à un stage organisé par le ministère de la Justice à Paris et consacré au réseau judiciaire européen.

Ces différentes expériences internationales et votre maîtrise de la langue française font de vous la candidate idéale pour le poste que vous occupez jusqu’à aujourd’hui au service des relations juridiques extérieures du parquet d’appel de Varsovie, où vous êtes le point de contact du réseau judiciaire européen, et l’interlocutrice en Pologne du bureau de l’entraide pénale internationale du ministère de la Justice français, avec lequel vous entretenez une coopération fructueuse et efficace.

Responsable de la surveillance juridique lors de l’exécution de commissions rogatoires internationales ou de mandats d’arrêt européens, vous assurez également la coordination avec les différentes procuratures de Pologne.

Madame le procureur, Madame Iwona Chećko, vous avez toujours eu dans vos fonctions le souci de faciliter les démarches des magistrats et officiers de police français sur le territoire polonais et d’aplanir les difficultés éventuelles pouvant surgir dans le traitement de certains dossiers. Vous contribuez par ailleurs au rayonnement de la langue française que vous maniez avec aisance et dont les subtilités du lexique juridique n’ont plus de secret pour vous.
Pour ces mérites insignes au service de la coopération entre nos deux pays, le Président de la République a voulu vous distinguer en vous conférant le grade de Chevalier de l’Ordre National du Mérite. Et moi, j’ai l’honneur de vous remettre aujourd’hui vos insignes.

Iwona Chećko, au nom du Président de la République, je vous fais chevalier de l’Ordre national du Mérite.

* * *

Monsieur le rédacteur, cher Jarek Kurski,

Vous êtes né à Gdańsk, dans une famille où l’opposition au régime communiste allait de soi. Très jeune, dès le lycée, vous vous engagez dans ce combat pour la démocratie et vous collaborez à plusieurs publications clandestines. Vous appartenez ensuite au mouvement Ruch Młodej Polski, aux côtés d’Aleksander Hall.

Votre action résolue en faveur de la liberté et contre la répression qui s’abat sur la Pologne au lendemain de la déclaration de « l’état de guerre » vous vaut d’être arrêté et jeté en prison sous le prétexte mensonger d’agression sur un milicien.

Loin de vous abattre, la détention vous conforte dans votre résolution à combattre le système communiste. Vous devenez journaliste dans la presse d’opposition, notamment au Bulletin d’information de Solidarność. Vous êtes également en 1988 le correspondant en Pologne de l’agence de presse espagnole EFE.

Lors de la transformation démocratique, vous devenez porte-parole de Lech Wałęsa. Cette expérience, qui vous inspirera le livre Wódz, vous incite à prendre vos distances avec la politique et à vous consacrer pleinement à l’écriture et au journalisme. Vous intégrez alors la rédaction de Gazeta Wyborcza où vos articles publiés dans la rubrique « opinions » révèlent les convictions fortes qui vous animent et votre refus des compromis avilissants. Vous en devenez ensuite le rédacteur en chef adjoint.

Vous contribuez ainsi, aux côtés d’Adam Michnik [que je salue ici ce soir] à faire de ce quotidien l’un des meilleurs journaux européens, engagé en faveur de la démocratie et de la cause européenne.

Monsieur le rédacteur, cher Jarek Kurski, vous êtes également l’auteur d’une biographie du grand résistant Jan Nowak Jeziorański, « émissaire de la liberté », ainsi que d’une remarquable « biographie intellectuelle » du philosophe français Raymond Aron.

Figure du journalisme intellectuel et engagé, défenseur des valeurs contre les arrangements et les compromissions, vous avez su demeurer fidèle, dans la Pologne démocratique, aux idéaux qui vous animaient lors de la lutte menée par Solidarność contre le pouvoir communiste. Parfait connaisseur des réalités françaises, francophone accompli et – j’ose dire – amoureux de la France, vous contribuez grandement au rayonnement de la culture et de la pensée françaises en Pologne, ainsi qu’à la promotion des valeurs de tolérance auxquelles nos deux pays sont si attachés.

Pour ce combat, cet engagement, cette fidélité aux idéaux que la France, conjointement avec la Pologne libre promeuvent et défendent, le Président de la République Française vous a distingué en vous conférant le grade de Chevalier de la Légion d’Honneur.

Jarosław Kurski, au nom du Président de la République, je vous fais chevalier de la Légion d’Honneur.

* * *

Monsieur le député Paweł Zalewski,

Vous êtes né à Varsovie, où vous effectuez des études de droit et d’histoire à l’Université de Varsovie.

Pendant les années 1980, vous êtes actif au sein de l’opposition, en éditant des publications clandestines ; vous êtes notamment membre de l’Association indépendante des étudiants (NZS).
Lors des négociations de la « table ronde », vous participez aux travaux du groupe traitant de l’enseignement supérieur.
Un temps conseiller auprès du ministre de l’éducation nationale, vous enseignez ensuite à l’École supérieure de commerce (SGH) de Varsovie.

Parallèlement, Monsieur le député, vous vous engagez au service de vos concitoyens et de la chose publique dans la jeune démocratie polonaise. Élu à la Diète lors de sa première législature sous la IIIème République, vous l’êtes à nouveau lors de la cinquième et de la sixième législatures. Vous exercez également, pendant quelques années, un mandat d’élu régional dans cette voïvodie de Mazovie à laquelle vous êtes toujours demeuré attaché.

Dans l’exercice de vos mandats parlementaires, vous vous vouez tout particulièrement à un domaine où vos compétences sont indiscutables : les relations internationales. C’est ainsi que vous présidez, lors de la cinquième législature de la Diète, la commission des affaires étrangères. Dans ces fonctions, vous œuvrez activement en faveur du renforcement des relations bilatérales entre la France et la Pologne ; vous entretenez notamment un dialogue suivi avec cette ambassade, dialogue d’autant plus fructueux que vous maîtrisez notre langue.

Monsieur le député, au service de la politique étrangère de votre pays, vous vous êtes particulièrement attaché à développer son volet oriental. Vous êtes le promoteur et le premier président du Groupe interparlementaire polono-ukrainien, et vous êtes aujourd’hui co-président du Forum de partenariat polono-ukrainien.
Cet engagement, vous décidez de le poursuivre sur la scène européenne. Élu député européen, vous êtes aujourd’hui vice-président de la commission du commerce international au Parlement européen ; vous êtes également très actif au sein de la délégation en charge des relations avec la Biélorussie, pays pour lequel vous êtes particulièrement sensible à la situation des droits de l’homme.

Monsieur le député, Monsieur Paweł Zalewski, pour votre engagement de longue date au service de la démocratie, en Pologne et dans les pays où celle-ci fait défaut, pour votre contribution inestimable à la qualité des relations entre nos deux pays, le Président de la République Française vous a nommé au grade de Chevalier de l’ordre de la Légion d’Honneur. Et moi, j’ai l’honneur je vous remettre aujourd’hui vos insignes.

Paweł Zalewski, au nom du Président de la République, je vous fais chevalier de la Légion d’Honneur.

Dernière modification : 26/02/2013

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