Remise de hautes distinctions à Mme Béatrice Comby, au Prof. Włodzimierz Lengauer et au Prof. Stanisław Parzymies (Varsovie, le 18 mars 2014) [pl]

Remise des insignes
de chevalier dans l’Ordre national du Mérite à Mme Béatrice Comby _ et d’officier dans l’Ordre des Palmes académiques
au Prof. Włodzimierz Lengauer
et au Prof. Stanisław Parzymies

(Varsovie, le 18 mars 2014)

Mesdames et Messieurs, chers amis,

Nous sommes rassemblés ici ce soir pour rendre hommage aux mérites éminents d’une Française, Mme Béatrice Comby, et de deux Polonais, le professeur Włodzimierz Lengauer et le professeur Stanisław Parzymies, qui ont été nommés par les autorités françaises dans l’Ordre national du Mérite et dans l’Ordre des Palmes académiques.

L’Ordre national du Mérite a été institué en 1963 par le général de Gaulle pour récompenser les mérites distingués rendus à la nation française et acquis, soit dans une fonction publique, civile ou militaire, soit dans l’exercice d’une activité privée.

Créé en 1808 par décret impérial, l’Ordre des Palmes académiques est quant à lui présidé par le Ministre de l’Éducation nationale. Il a pour but d’honorer les personnes dont les services au sein de l’université et du monde de l’enseignement contribuent effectivement à l’expansion intellectuelle et scientifique de la France dans le monde.

Avant de remettre leurs insignes à ces trois remarquables personnalités, permettez-moi de retracer en quelques mots leur parcours et les mérites qui leur ont valu d’être ainsi distingués.

***

Je me tourne d’abord vers Mme Béatrice Comby

Chère Madame Comby, votre vie et votre carrière ont été marquées du sceau de l’expatriation et des déménagements successifs. Votre goût pour la découverte d’autres pays, d’autres langues et d’autres cultures vous est probablement venu au berceau : vous êtes en effet née expatriée, à Landau, en Allemagne.

Après des études parisiennes à l’Institut supérieur de commerce, et une traversée de l’Atlantique nord en planche à voile, vous entrez dans la vie professionnelle comme consultante d’un cabinet conseil d’études stratégiques sur les marchés européens, ce qui vous donne l’occasion de sillonner l’Europe.

Vous êtes recrutée quelques années plus tard comme statisticienne par l’office statistique européen Eurostat et vous partez vous installer au Luxembourg, durant plus de dix ans, période au cours de laquelle votre carrière évoluera encore et vous verra prendre la tête de la chambre de commerce française dans ce pays

Vous ressentez alors l’appel conjoint de la mer et de la fonction publique et, après avoir passé un concours administratif, vous vous retrouvez contrôleur des pêches sur le port normand de Dieppe.

Forte de cette expérience, tant du monde maritime que de l’administration française, vous intégrez un an plus tard l’Agence européenne de sécurité maritime et vous bouclez à nouveau vos valises à destination d’abord de Lisbonne, où vous exercez durant quatre ans les fonctions d’administrateur principal de projet, puis du grand port galicien de Vigo, comme chef d’unité à l’Agence européenne des pêches, durant trois ans

Nommée en septembre dernier administrateur en chef des affaires maritimes, vous êtes depuis maintenant cinq mois détachée à l’Agence européenne de surveillance des frontières (FRONTEX) en son siège varsovien, comme directrice de division. L’occasion pour vous d’ajouter le polonais aux six ou sept langues que vous parlez déjà couramment !

Chère Béatrice Comby, les mérites que vous vous êtes acquis tout au long de votre brillante carrière, mais aussi les remarquables qualités humaines et d’encadrement que ceux qui ont eu la chance de travailler à vos côtés vous reconnaissent, vous ont valu d’être nommée par le président de la République chevalier dans l’Ordre national du Mérite

Béatrice Comby, au nom du président de la République, je vous fais chevalier de l’Ordre national du Mérite.

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Je me tourne à présent vers le professeur Włodzimierz Lengauer.

Monsieur le Professeur,

Natif de Jelenia Góra, vous effectuez vos études à l’Université de Varsovie, où vous obtenez successivement une maîtrise d’histoire, un doctorat ainsi qu’une habilitation, puis le titre universitaire de professeur.

Enseignant et chercheur durant de longues années à l’Institut d’Histoire de l’Université de Varsovie, vous y occupez des postes à responsabilité, d’abord à la tête du département d’histoire antique, puis comme doyen de la faculté d’histoire et enfin vice-recteur de l’Université de Varsovie, chargé de la recherche et de la coopération internationale.

Monsieur le Professeur, vous êtes un spécialiste reconnu en Pologne comme dans le monde de l’Antiquité et plus particulièrement de la Grèce antique, à la civilisation de laquelle vous avez consacré de nombreux ouvrages et articles. De cette riche bibliographie, qu’on me permette de ne citer que quelques titres qui refléteront bien le spectre de votre champ d’études : « Les chefs militaires grecs aux Ve et IVe siècles avant Jésus-Christ. Politique et idéologie : une étude du militarisme » ; « La notion d’égalité dans les conceptions politiques grecques. D’Homère à la fin du Ve siècle avant notre ère  » ; ou encore l’ouvrage de référence : « La religion des anciens Grecs  ».

Monsieur le Professeur, vous avez eu ces mots pour qualifier votre activité de recherche, permettez que je vous cite : « Les travaux de recherche de réelle importance n’ont jamais été motivés par le désir d’un intérêt matériel. Ils sont la résultante de l’unique moteur des sciences : la passion désintéressée de la découverte ».

Tout au long de votre carrière, vous avez noué des liens très forts avec la France, et notamment avec l’Université comtoise de Besançon – vous y avez travaillé avec Pierre Lévêque, le grand helléniste français – ainsi bien sûr qu’avec l’École des hautes études en sciences sociales de Paris. Dans vos fonctions de vice-recteur de l’Université de Varsovie chargé des relations internationales, vous avez grandement contribué à développer encore les coopérations existantes avec les universités françaises. Vous avez par ailleurs permis au Centre de civilisation française et d’études francophones d’encore mieux s’insérer dans le paysage universitaire varsovien.

Monsieur le Professeur, votre apport insigne à la recherche historique et votre contribution notable au renforcement et au développement des liens entre nos deux pays dans ce domaine vous ont valu d’être nommé par le ministre de l’Éducation nationale officier dans l’ordre des Palmes académiques.

Włodzimierz Lengauer, au nom du ministre de l’Éducation nationale, je vous fais officier de l’Ordre des Palmes académiques.

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Je me tourne maintenant vers le professeur Stanisław Parzymies.

Monsieur le Professeur, vous êtes né à Krasnystaw, au carrefour des influences de la province historique de Petite-Pologne et de la Ruthénie rouge.

Votre goût pour les relations internationales vous conduit à l’École supérieure du service diplomatique de Varsovie dont vous êtes diplômé. Vous menez plus tard une carrière d’enseignant chercheur à l’Institut polonais des affaires internationales (PISM) et à l’Université de Varsovie. Vous y gravissez les marches du cursus honorum universitaire : doctorat, habilitation, puis enfin le titre académique de professeur de sciences humaines.

Vous exercez des fonctions à responsabilité au sein de l’Institut des relations internationales de l’Université de Varsovie, comme président de son conseil scientifique, ainsi que, durant de nombreuses années, comme chef du département de l’intégration européenne.

Les questions européennes sont au cœur de vos centres d’intérêt professionnels, tant la dimension institutionnelle de l’Union européenne que sa Politique de sécurité et de défense commune. Outre de nombreuses publications sur ces thèmes, vous êtes également l’auteur d’un ouvrage de référence, plusieurs fois réédité, sur « Les relations internationales en Europe depuis la Deuxième guerre mondiale ». Vous avez par ailleurs dirigé il y a quelques années la rédaction d’un livre sur l’Union européenne dans les relations internationales dont le titre, à la forme interrogative, fait aujourd’hui écho à une actualité brûlante : « La diplomatie ou la force ? »

L’autre grand domaine de recherche et d’analyse dans lequel vous faites autorité est la politique étrangère de la France, à laquelle vous avez consacré de très nombreux articles et ouvrages. Fin connaisseur de notre pays et des nuances de sa politique, vous êtes également un parfait francophone : vous avez ainsi longtemps enseigné les relations internationales en langue française à l’Université de Varsovie, au profit des étudiants non polonophones de l’Institut d’études internationales.

Vous avez par ailleurs contribué à faire éditer en Pologne les ouvrages de plusieurs chercheurs français réputés dans le domaine des relations internationales, permettant ainsi de familiariser le public polonais avec les conceptions françaises en la matière. Je mentionnerais volontiers ici un de ces livres, écrit par un ami, Serge Sur, et intitulé «  Relations internationales  ».

Monsieur le Professeur, votre apport insigne à la recherche historique et votre contribution notable au renforcement et au développement des liens entre nos deux pays dans ce domaine vous ont valu d’être nommé par le ministre de l’Éducation nationale officier dans l’ordre des Palmes académiques.

Stanisław Parzymies, au nom du ministre de l’Éducation nationale, je vous fais officier de l’Ordre des Palmes académiques.

Dernière modification : 19/03/2014

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