Remise de décoration à M. Antoni Wit [pl]

Remise de décoration à M. Antoni Wit

(Philharmonie de Cracovie, 21 février 2015)

Maître,
Mesdames et Messieurs, chers amis,


Si j’ai le plaisir et l’honneur de m’adresser ce soir parmi vous au sein de cette magnifique Philharmonie de Cracovie, c’est pour rendre hommage, dans sa ville natale, à l’un des plus grands chefs d’orchestre contemporains. Consciente de ses mérites et de son talent, ainsi que de sa volonté de mieux faire connaitre en Pologne la musique classique française, la France a souhaité honorer ce parcours exemplaire en le faisant chevalier de la Légion d’honneur.

L’Ordre national de la Légion d’honneur, plus haute décoration honorifique française, a été institué par Napoléon Bonaparte en 1802 et récompense depuis ses origines les mérites éminents de personnalités ayant contribué de façon exemplaire au rayonnement de la France et des valeurs qu’elle défend et promeut dans le monde.
Avant de remettre ses insignes à Maestro Antoni Wit, permettez-moi d’évoquer brièvement, comme le veut la tradition, les mérites propres qui lui valent d’être ainsi distingué par la France.

***

Maestro,
Né à Cracovie, vous vous découvrez très tôt une passion pour la musique, que vous étudiez au sein de la prestigieuse Ecole Nationale de Musique de votre ville natale. Vous y développez un intérêt particulièrement vif pour la composition et la direction, des arts qui vous sont enseignés par des personnalités aussi illustres que Krzysztof Penderecki et Henryk Czyż. A votre sortie de cette Ecole, en 1967, fort de votre diplôme obtenu avec les félicitations, vous vous rendez à Paris, où vous séjournez un an, approfondissant ainsi auprès de professeurs illustres comme Nadia Boulanger et Pierre Dervaux votre maîtrise de l’art de la composition. Menant cette passion de front avec d’autres études, vous obtenez l’année suivante une maitrise de droit auprès de l’université Jagellonne de Cracovie.

Pendant plusieurs années, vous parcourez l’Europe où vous aurez l’occasion de diriger les musiciens des orchestres les plus prestigieux à Berlin, Milan, Turin ou encore Salzburg. Vous remportez en 1971 le deuxième prix du concours international Herbert von Karajan de direction d’orchestre, moment-charnière dans votre carrière. Vous revenez ensuite sur votre terre natale de Pologne pour y devenir Directeur artistique adjoint et Premier Chef d’orchestre à la Philharmonie de Poméranie. Fonction que vous occuperez dans un grand nombre d’orchestres prestigieux de Pologne, tels que l’Orchestre et la Chorale de la Radio et de la Télévision polonaises à Cracovie, que l’Orchestre Symphonique de la Radio polonaise à Katowice, ou encore l’Orchestre Philharmonique de Grande Canarie. En 2002, vous êtes nommé Directeur Général et artistique de la Philharmonie Nationale de Varsovie.

Toujours admiré pour la qualité de vos interprétations, vous avez, durant ces quelques quarante années d’activité comme chef d’orchestre, publié plus de 150 enregistrements, que ce soit pour Naxos, pour EMI ou pour Sony. Ces enregistrements vous ont déjà valu de nombreuses distinctions, que ce soit aux Grammy Awards, où vous avez été nommé cinq fois, ou encore dans des festivals français comme le Marché international de l’édition musicale à Cannes, où votre interprétation de la Turangalila Symphonie d’Olivier Messiaen a été récompensée en 2002 et a reçu un « choc » du Monde de la musique.

A la Philharmonie Nationale, vous aurez eu à cœur de faire connaitre au public polonais le patrimoine musical classique français, à travers une programmation toujours d’exceptionnelle qualité – que j’ai eu plaisir, à plusieurs reprises, à écouter et admirer.

C’est, Maestro, pour reconnaître ce lien artistique qui vous porte vers la France, mais aussi rendre hommage à un chef d’orchestre à l’immense talent, un des acteurs de cette universalité de l’art et de la culture, dont mon pays aime à se penser en protecteur et en promoteur, que le Président de la République a choisi de vous nommer chevalier de la Légion d’honneur.

Antoni Wit, au nom du Président de la République française, nous vous remettons les insignes de chevalier de la Légion d’honneur./.

Dernière modification : 24/02/2015

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