Remise d’une haute distinction au Général Gocul [pl]

Discours prononcé par l’Ambassadeur, M. Pierre Buhler

Messieurs les généraux,
Mesdames,
Messieurs les officiers,

Je suis très heureux aujourd’hui d’accueillir en Pologne une délégation de l’état-major des armées et également très heureux d’accueillir à la Résidence, soit en terre française, des représentants de l’état-major général polonais.

La relation bilatérale militaire entre nos deux pays est ancienne, forte et passionnée. L’ambassade de France y a souvent été associée : en 1919, par exemple, la mission de défense de Varsovie gérait les 400 officiers, dont le capitaine de Gaulle, venus en Pologne pour aider l’armée polonaise, alors nouvellement créée, à acquérir les compétences qui lui permettront deux ans plus tard de repousser les armées russes vers l’Est.

Si cette relation bilatérale est forte, ce n’est pas le fruit du hasard.
La Pologne est aujourd’hui le cinquième budget européen de défense, [devant l’Espagne et les Pays-Bas]. Elle est dotée de matériels modernes et de compétences acquises notamment durant les conflits récents, en Irak et en Afghanistan.
Les armées françaises sont, quant à elles, présentes aujourd’hui sur tous les théâtres d’opérations durs, dans des missions souvent complexes au plan technique.
Nos deux armées sont donc complémentaires et ont à apprendre l’une de l’autre. Les déploiements futurs dans des opérations communes permettrons, à n’en pas douter, un approfondissement de cette relation bilatérale militaire que nous appelons tous de nos voeux.

Je laisse la parole au Général de Villiers.

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Discours du général d’armée Pierre de Villiers
Remise des insignes de commandeur de la Légion d’honneur au général Mieczysław Gocuł
Pologne, 2 février 2016

Mon général, mesdames, messieurs,

C’est toujours pour moi un grand honneur de remettre des insignes dans l’Ordre de la Légion d’honneur.

Aujourd’hui, c’est en plus un grand plaisir, car je vais décorer un soldat, un officier général, le général Mieczysław Gocuł, chef d’état-major des armées polonaises.
Cette remise de la plus haute des décorations françaises est un symbole fort. Je veux voir en effet dans cette décoration le signe de l’amitié entre nos deux pays, une amitié ancienne, une amitié forte, une amitié durable.

Nos deux pays sont amis, presque frères, depuis des siècles, et il n’est pas exagéré de dire qu’une estime profonde unit nos deux peuples. Cette estime est symbolisée par notre histoire militaire commune que je voudrais évoquer au travers de deux grands hommes : Napoléon et le général de Gaulle.

Tout d’abord, avec l’empereur Napoléon Ier : pendant les 20 années du Consulat et de l’Empire, ce sont plus de 210 000 soldats polonais qui ont combattu à nos côtés.

 Ce furent d’abord les « Légions Polonaises », mises sur pied en 1797, par Henri Dombrowski pour aller combattre en Italie ; et dont le chant de marche est devenu votre hymne national !

 Il y eut, également, le Vème Corps polonais de la Grande Armée, aux ordres du maréchal Poniatowski, ses combats héroïques et le sacrifice de ses 90 000 soldats pendant la campagne de Russie ;

 Enfin, les soldats du régiment d’Infanterie de la Vistule formèrent un « carré » autour de Napoléon, pour le protéger de leur corps, pendant la bataille d’Arcis sur Aube en 1813.

Plus récemment, le capitaine de Gaulle vint combattre en Pologne, sous les ordres du général Weygand, aux côtés du maréchal Pildsuki. Il participa à la fameuse offensive du 16 août 1920 qui permit de sauver Varsovie et fit plus de plus de 60 000 prisonniers chez les soldats soviétiques.

Enfin, toujours Charles de Gaulle, mais cette fois général et chef de la France Libre, put libérer Paris en août 1944, grâce aux opérations des alliés et à la 2° division blindée française du général Leclerc, et grâce, en particulier, au courage de la 1° division blindée polonaise du général Maczek dont l’action pour l’ouverture de la route vers Paris fut déterminante.

Ce passé si riche et cette histoire commune, se prolongent dans les nombreux autres engagements opérationnels multinationaux effectués en communs. Je n’oublie pas qu’en 1999, au Kosovo, alors que je commandais le bataillon mécanisé de la brigade Leclerc, c’est avec des frères d’armes polonais que nous avons conduit, ensemble, cette opération.

Notre destin commun est également celui de l’Union européenne et de l’OTAN.

Aujourd’hui, je rends hommage au général Miaitchéssouaf Goutsou, officier de cavalerie, chef d’état-major des armées polonaise, pour son implication remarquable au service de la coopération entre nos deux pays et pour la paix et la sécurité dans le monde.

Il est, incontestablement, l’un des « braves » auquel Napoléon avait destiné la Légion d’honneur, à la création de l’Ordre, en 1802 ! La décoration que je vais maintenant remettre devant vous, au nom de la France, en est le témoignage.

Je suis particulièrement heureux de prononcer maintenant la formule consacrée :

Général Mieczysław Gocuł, au nom du Président de la République et en vertu des pouvoirs qui nous sont conférés, nous vous faisons commandeur de la Légion d’honneur !

Dernière modification : 03/02/2016

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