Ouverture du Nuclear Energy Congress, le 24 septembre 2014 [pl]

Discours de l’Ambassadeur le 24 septembre 2014 en ouverture du Nuclear Energy Congress dans le cadre de la conférence NUTECH de Varsovie (21-24 septembre)

Mesdames, Messieurs,

C’est pour moi un grand honneur de représenter la France au 3ème Congrès International de l’Energie Nucléaire, dans le cadre de la Conférence Internationale NUTECH 2014 et je vous remercie sincèrement pour votre invitation. C’est un honneur, car NUTECH est aujourd’hui un événement d’importance internationale, qui réunit de nombreuses personnalités de premier plan, de la recherche et de l’industrie nucléaire et je me réjouis d’être présent parmi elles. C’est un honneur, aussi, d’y représenter la France, un pays qui croit au nucléaire et y voit une énergie d’avenir, capable de soutenir le développement économique, de maîtriser les coûts et de préserver notre environnement. Le projet de loi de transition énergétique, qui sera défendu par le gouvernement français devant le Parlement début octobre, le rappelle clairement. Les 58 réacteurs en opération sur notre territoire permettent aujourd’hui à la France de produire une électricité parmi les moins onéreuses et les moins émettrices de gaz à effet de serre au monde. L’effort important de recherche que nous avons déployé pour améliorer sans relâche la sûreté des centrales françaises nous a permis de développer une expertise précieuse dans ce domaine, qu’il nous incombe de partager avec nos partenaires pour garantir l’avenir de cette énergie dont les atouts sont nombreux.

En publiant il y a quelques semaines une première version de sa Politique Energétique 2050, le gouvernement polonais a réaffirmé son intention de développer l’énergie nucléaire. Au milieu du XXIème siècle, le bouquet énergétique polonais devra comporter au minimum 15% de nucléaire. La France se réjouit de voir la Pologne aussi déterminée à développer cette énergie, qui est, dans notre pays, synonyme de prix très compétitifs, de disponibilité et de sécurité d’approvisionnement.

Notre pays, qui a fait le choix du nucléaire suite aux chocs pétroliers des années 70, sait à quel point l’indépendance énergétique est stratégique. C’est aujourd’hui un enjeu majeur non seulement pour la Pologne, mais pour l’Europe entière. A l’heure où certains pays n’hésitent pas à brandir l’arme énergétique pour faire valoir leurs points de vue, l’indépendance énergétique n’est plus une simple nécessité économique : c’est une question de souveraineté pleine et entière.

Mais le nucléaire n’est pas qu’une source d’énergie : c’est aussi une source d’emplois hautement qualifiés et, pour une grande part, non délocalisables. L’impact sur l’emploi de la construction et de l’exploitation de réacteurs nucléaires n’est plus à prouver : la construction d’un seul réacteur de type EPR permet la création de quelque 12 000 emplois directs et indirects, dont 70% non délocalisables. L’équipe de France entend s’appuyer sur une supply chain polonaise et des accords de coopération et de sous-traitance avec des entreprises locales ont déjà été signés, en vue du futur programme nucléaire.

Faut-il rappeler que les Polonais ont représenté 40% des ouvriers du chantier de l’EPR finlandais et qu’un grand nombre d’eux est actif sur celui de Flamanville, en France. Nous assistons véritablement à l’émergence d’une industrie polonaise experte dans la construction de centrale nucléaire, offrant des emplois hautement qualifiés, source de croissance et de prospérité.

La France s’est engagée à partager son expérience avec les pays souhaitant se doter d’une capacité électronucléaire. Elle peut fournir sa technologie, mais aussi les aider à se doter des compétences nécessaires dans les domaines administratifs, techniques et scientifiques. Dans ce cadre, la France se tient aux côtés de la Pologne, avec qui elle entretient des relations politiques plus proches et plus riches que jamais : j’en veux pour preuve les quatre visites du Président de la République française depuis deux ans, les nombreuses visites ministérielles ainsi que celles de tous les responsables du secteur nucléaire français institutionnel et industriel.

Au niveau scientifique, j’ai naturellement aussi en tête les nombreux accords, très actifs, signés entre le Commissariat à l’Energie Atomique et ses homologues polonais : NCBJ, IChTJ et Université Polytechnique de Varsovie, de Gdansk, de Wroclaw…. Ces accords permettront à nos experts d’échanger leur savoir-faire, pour le plus grand bénéfice de la connaissance et de la recherche dans nos deux pays. Nos échanges et nos liens sont d’autant plus forts qu’ils puisent dans notre appartenance commune à l’Union européenne, qui vient de porter à sa tête un de ses hommes politiques les plus talentueux, Donald Tusk.

La France souhaite donc mettre toutes les facettes de son expertise à la disposition de la Pologne, que ce soit pour la production, la formation, ou encore la sûreté, et a l’intention d’établir un partenariat dans la durée, car le choix du nucléaire, pour un pays nouvel entrant, est un choix engageant, un investissement à long terme qui exige une véritable vision pour notre avenir et celui de nos enfants… et c’est véritablement ce que nous permet l’Europe et le destin partagé qui est le nôtre.

Dernière modification : 06/10/2014

Haut de page