Ouverture du Forum d’Affaires France /Europe Centrale et Orientale

Intervention de l’Ambassadeur Pierre Buhler
Ouverture du Forum d’Affaires France /Europe Centrale et Orientale

Mesdames et Messieurs les Directeurs,
Mesdames et Messieurs,
Chers amis,

C’est un grand plaisir et un honneur pour moi d’accueillir et d’ouvrir ce matin ce Forum d’Affaires organisé par Business France ici à Varsovie. Le Forum concerne l’Europe centrale et orientale et ses nombreuses opportunités économiques, mais vous pardonnerez à l’ambassadeur de France en Pologne de cibler son propos sur ce pays. Que cette grande manifestation se déroule aujourd’hui à Varsovie montre d’ailleurs combien la Pologne est devenue, pour nombre d’entreprises, le port d’attache pour rayonner non seulement sur son grand marché intérieur, mais également sur toute l’Europe centrale et orientale.

La relation franco-polonaise est multi-séculaire et s’est nourrie de moments forts au court de l’histoire, où nos deux nations - qui ne se sont jamais affrontées - ont noué des liens privilégiés. Mais selon les dires mêmes de l’ancien Premier ministre Donald Tusk, rarement la relation entre nos deux pays a atteint une telle qualité comme celle entretenue depuis quelques années. Il nous faut désormais passer à la vitesse supérieure et faire en sorte que nos échanges économiques, dans les deux sens, soient à la hauteur de cette relation politique.

La Pologne est une formidable terre d’opportunités, d’autres vous le diront mieux que moi au cours de cette journée. Si certains dans cette salle la découvrent pour la première fois, ils auront sans doute du mal à imaginer le chemin parcouru en 25 ans, quand ce pays a montré au monde en juin 1989, plusieurs mois avant la chute du mur de Berlin, que l’on pouvait proposer une transition pacifique vers la démocratie et l’économie de marché. La décennie des années 1990 a vu arriver en Pologne un très grand nombre d’entreprises internationales, dont de très nombreuses françaises qui se sont solidement implantées dans des secteurs comme l’énergie, la téléphonie, la grande distribution, l’hotellerie, la pharmacie, la filière automobile et bien d’autres.

L’entrée dans l’Union Européenne a créé une dynamique supplémentaire : en un peu plus de 10 ans, le PNB de la Pologne a cru de 50% en termes réels, et notamment de 20% sur la période 2008-2013 quand les autres pays européens étaient durement frappés par la crise. Le pays affichera cette année encore une croissance de l’ordre de 3,5%. Le revenu par tête est passé de 48% de la moyenne européenne en 2004 à près de 70% aujourd’hui, en parité de pouvoir d’achat. Le volume des exportations polonaises a triplé en 10 ans, principalement vers l’Union Européenne et notamment la zone euro. Peu de pays dans le monde ont connu en si peu de temps un tel effort de convergence. La Pologne a certes bénéficié et bénéficie encore de fonds européens abondants : plus de 80 Mds € sont ainsi prévus à ce titre sur la période 2014-2020, plus de 100 Mds si l’on ajoute les subsides liés à la Politique Agricole Commune (PAC). Mais la Pologne sait utiliser intégralement ces aides -ce n’est pas le cas de tous -, et les oriente globalement désormais vers ses secteurs prioritaires : infrastructures routières et ferroviaires, recherche-développement, innovation … Elle sait également faire tourner son économie sur plusieurs moteurs : exportations, investissement et consommation intérieure permise par un marché de 38 M habitants, et s’appuyer sur un esprit d’entreprise particulièrement développé dans ce pays.

Ce rapide tableau n’a d’autre finalité que de souligner devant vous les opportunités que recèle, pour les entreprises françaises, le marché polonais. Les besoins sont encore immenses dans de nombreux domaines, mais les marchés sont là et ils sont solvables. Les grands groupes français ne s’y sont pas trompés : comme je le soulignais précédemment, ils se sont implantés en Pologne souvent dès les années 90. La France est aujourd’hui le quatrième investisseur en Pologne - mais le second, si l’on prend en compte l’origine réelle des investissements –, avec plus de 20 Mds € d’investissements cumulés depuis 25 ans, pas très loin de l’Allemagne et de ses 26 Mds €. En flux, la France se situait encore sur le podium de tête l’an dernier avec environ 1,4 Milliard d’euros d’investissement.

En revanche, le tableau est moins flatteur en termes d’échanges courants et de commerce extérieur. D’excédentaires jusqu’en 2008 au profit de la France, nos échanges commerciaux sont devenus déficitaires de plus d’un milliard € depuis cette date. Nous sommes aujourd’hui le cinquième fournisseur de la Pologne derrière l’Allemagne, la Russie, la Chine et l’Italie, avec 4 % de part de marché contre 22% pour nos amis allemands. Nous sommes en revanche le quatrième client de la Pologne, avec 5,7% de part de marché. Cette situation a sans doute de nombreuses causes, et le dynamisme des entreprises polonaises sur le marché français, notamment dans le secteur agro-alimentaire, en est une. Mais je ne peux m’empêcher de penser qu’une certaine méconnaissance des opportunités des marchés d’Europe centrale en général, et polonais en particulier, en est une autre. Des préjugés peuvent exister sur la difficulté d’accès au marché, la barrière de la langue, la prédominance de certains concurrents notamment allemands ... Aucun ne résiste à l’analyse précise, et les success stories de certaines de nos entreprises à l’export sont là pour le prouver. J’observe d’ailleurs que ce mouvement semble amorcé, avec une augmentation l’an dernier de 5,5 % de nos exportations vers la Pologne et de près de 9% sur les 9 premiers mois de 2015, avec une tendance à la réduction de notre déficit depuis le pic de 2013. Ce sera précisément l’objectif de ce Forum que de montrer ces nombreuses opportunités et de faire tomber les idées reçues, et je remercie encore une fois Business France, sa présidente Mme Grelier et son dynamique représentant régional, cher Michel, pour cette heureuse initiative.

Mais une relation économique doit pouvoir fonctionner dans les deux sens, et je souhaite que nos amis polonais soient de plus en plus nombreux à venir investir en France. Je sais qu’une table ronde cet après-midi sera intégralement consacrée à cette problématique. Mais permettez-moi d’ores et déjà de souligner quelques points, tant on entend parfois des idées fausses sur l’attractivité de la France .. La France est un pays largement ouvert sur le monde, qui a accueilli l’an dernier 16% de l’ensemble des investissements étrangers créateurs d’emplois en Europe. 20.000 entreprises étrangères y sont présentes et emploient plus de deux millions de salariés. Contrairement à ce qu’on entend parfois, on y travaille beaucoup, plus longtemps en moyenne dans la semaine que chez nos amis allemands, et la France se situe au 6ème rang mondial en termes de productivité horaire, devant l’Allemagne et le Royaume Uni. Bref, vous l’avez compris, il est intéressant d’investir dans un pays de 65 millions d’habitants au fort dynamisme démographique, où l’innovation et la recherche-développement sont particulièrement développées et favorisées, et où le tournant des nouvelles technologies et de l’économie verte est en train d’être pris.

Les entreprises polonaises sont encore trop peu nombreuses à avoir franchi le pas, environ 30 filiales pour un chiffre d’affaires total de 144 M € et 575 emplois. Mais la tendance s’amorce, et l’an dernier la France était en Europe la première destination des investisseurs polonais avec en flux quelque 1,9 Milliard de zlotys d’investissement net. Je souhaite que cette tendance se poursuive et que de plus en plus d’entreprise polonaises viennent s’installer en France : on vous le redira bien-sûr cet après-midi, mais l’ambassade de France et Business France ici à Varsovie sont à votre disposition pour tout renseignement, conseil et assistance dans ce domaine.

Voilà Mesdames et Messieurs le message que je souhaite vous délivrer : à vous amis français dans cette salle, osez la Pologne et l’Europe Centrale, ce sont des marchés ouverts, attractifs et solvables, dans des règles de concurrence qui sont celles de l’Union Européenne, où exporter non pas seulement une fois mais durablement est non seulement à portée mais profitable pour vos entreprises. J’espère que vous aurez au cours de ces deux jours l’occasion de vous familiariser avec ces pays et de prendre des contacts fructueux.
A vous amis polonais, osez la France, venez investir dans notre pays qui vous offre non seulement ses opportunités mais constitue une excellente tête de pont pour votre développement sur l’ensemble de l’Europe Occidentale et au-delà.

Je vous remercie de votre attention.

Dernière modification : 27/11/2015

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