Minute de silence, Attentat du 14 juillet 2016

Mes chers concitoyens,

Je vous remercie d’avoir répondu aussi nombreux à mon invitation à nous recueillir ensemble, aussi nombreux qu’il était possible en cette période de vacances.

C’est la troisième fois que nous nous retrouvons dans des circonstances analogues, pour rendre un hommage aux victimes de ce nouvel « acte d’une violence absolue », pour reprendre les termes du Président de la République.

84 vies ont été aveuglément fauchées – d’autres le seront peut-être encore, compte tenu de l’état de nombreux blessés graves – 84 vies innocentes, celles d’enfants, d’adultes, des compatriotes pour la plupart, mais aussi des touristes étrangers présents dans une des plus belles villes de notre pays.

Ils étaient là, en famille, pour s’émerveiller ensemble devant un de ces feux d’artifice qui clôturent habituellement la célébration de notre fête nationale. Un moment de notre calendrier où nous nous retrouvons tous, par-delà les clivages partisans, autour des valeurs qui nous sont communes, ces valeurs de respect, d’humanité, de tolérance de notre République qui sont le fondement de notre identité, le ciment de notre cohésion nationale.

Le choix de ce jour pour commettre cet attentat n’est évidemment pas fortuit. Car c’est un symbole, celui de notre unité en tant que nation, que ceux qui ont inspiré et perpétré cet acte ont visé.

C’est bien ainsi que l’a interprété le Premier ministre Manuel Valls à l’issue du conseil de défense qui s’est tenu ce matin : « On a voulu atteindre l’unité de la Nation française. Alors la seule réponse digne, responsable de la France, sera celle qui restera fidèle à l’esprit du 14 juillet, c’est à dire celui d’une France unie et rassemblée autour de ses valeurs. Et nous ferons bloc, c’est la seule exigence qui vaille aujourd’hui ».

Les précédents attentats nous avaient révélé que les perpétrateurs ne reculaient devant aucune abjection, dans le registre du macabre et de l’odieux, afin de frapper les esprits. Je ne chercherai pas à qualifier cet acte, car comme je le disais dans mon message de ce matin, les mots me manquent pour qualifier l’innommable. Mais si l’objectif était de provoquer une réaction de sidération de la société civile, en France et ailleurs, il a certainement été atteint.

Pour autant, la France n’a d’autre option que de lutter implacablement contre le fléau du terrorisme, comme l’a encore rappelé cette nuit le Président de la République, qui a annoncé la prolongation de trois mois de l’état d’urgence ainsi qu’un renforcement de nos actions en Syrie comme en Irak. Nous devons à la mémoire de toutes les victimes de cet attentat de Nice comme de tous ceux qui l’ont précédé de conduire avec patience ce long combat contre le terrorisme islamiste.

« La France, elle est éplorée, affligée », disait encore le Président, « mais elle est forte, elle sera toujours plus forte, je vous l’assure, que les fanatiques qui veulent aujourd’hui la frapper ».

Et dans ce combat, notre pays n’est pas seul. Les plus hautes autorités de la Pologne, mais aussi l’opposition nous ont exprimé leur sympathie, leur soutien, leur amitié, en venant déposer une gerbe, ou signer le livre de condoléances. Un grand nombre de nos amis polonais manifestent spontanément leur compassion, leur amitié et leur émotion. Par lettre, par courriels, sur les réseaux sociaux. Les bâtiments publics seront, à Varsovie, à Cracovie, et dans d’autres villes, illuminés aux couleurs de notre pays. J’irai ce soir, comme en novembre, à la télévision, leur dire, au nom de la France, ma gratitude.

Au-delà des frontières de la Pologne, la plupart des pays du monde ont exprimé leur révulsion et leur compassion. Nos amis de l’ambassade d’Allemagne ont, comme nous-mêmes, mis leurs drapeaux en berne, en signe de solidarité.

Peut-être vous inquiétez-vous de savoir si vous êtes en sûreté en Pologne. Nous nous sommes naturellement rapprochés des autorités polonaises, qui avaient dès l’annonce de l’attentat, selon une procédure de routine, renforcé la protection de l’emprise de l’ambassade. Mais elles estiment qu’il n’y a pas de risque particulier lié au terrorisme en Pologne.

Ce dont nous avons besoin aujourd’hui pour faire face, c’est de l’unité de la nation, le rassemblement de notre communauté autour des valeurs fondamentales de la République, car ce sont elles qui ont été visées hier. C’est cette unité que vous incarnez ce soir par votre présence. Et c’est cette exigence qui nous pousse à faire bloc autour de notre République, notre communauté nationale, nos valeurs

Avec le sénateur Jean-Yves Leconte, qui se trouve comme chaque année à cette époque à Varsovie, avec vos conseillers consulaires – Pascale Ceux, Michel Marbot, Jean Rossi – nous vous invitons maintenant à vous joindre à nous, une nouvelle fois, dans l’épreuve, dans la douleur partagée, et dans une communion de sympathie avec les victimes de cette vague d’attentats qui a endeuillé notre nation.

A l’issue de cette minute, je vous inviterai à entonner tous ensemble notre hymne national, la Marseillaise.

(…)

Vive la République et vive la France.

Dernière modification : 15/07/2016

Haut de page