Les armées françaises soutiennent les mesures de l’Otan en Europe Centrale

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Engagées en première ligne sur de nombreux théâtres opérationnels, la France est aussi présente dans les zones où l’OTAN concentre son attention, notamment sur la frange Est de l’Alliance.
La présence des armées françaises en Europe centrale est une illustration concrète de leur engagement à soutenir la stratégie de l’Alliance atlantique. Membre fondateur de l’OTAN, la France est une alliée crédible, écoutée lors du sommet de Newport et présente dans le ciel balte dès les premières missions de réassurance, suite à l’éclatement de la crise russo-ukrainienne. Ces missions ont pour objet de démontrer tout à la fois la cohésion et la réactivité de l’Alliance.
L’engagement actuel de nos forces démontre également toute la pertinence des choix réalisés par les armées françaises en termes de préparation aux opérations, avec la conduite récurrente d’exercices dans la zone polono-balte.

Dès novembre 2013, les armées françaises représentaient le contingent étranger le plus nombreux déployé lors de l’exercice de certification de la Nato Response Force, Steadfast Jazz, organisé en Pologne. A cette occasion, la France témoignait également de l’importance accordée à la capacité de réaction rapide de l’OTAN. 1200 soldats français étaient alors déployés, provenant du corps de réaction rapide français basé à Lille, d’unités de lutte contre les agents bactériologiques et chimiques (NRBC), de la brigade de transmissions et de la brigade parachutiste.
En 2014, Paris a confirmé son intérêt pour cet engagement en associant ses armées aux activités de réassurance conduites en Europe centrale.

Planification et réaction d’urgence
Des officiers français ont renforcé les équipes de planification du SHAPE (Supreme Headquarters Allied Powers Europe) du mois d’avril au mois de juillet, d’autres soutiennent le JFC de l’OTAN (Joint Force Command à Naples) depuis début septembre.
Cette planification a pour objectif de préparer les différents scénarii d’emploi des forces. Dans ce cadre, la Nato Response Force reste le cœur de la capacité d’action de l’Alliance, destinée à mettre en œuvre l’article 5 de défense commune.
En 2014, la France est la Nation cadre de la composante terrestre de la NRF avec la participation d’environ 3300 soldats français et la Nation cadre de la composante NRBC avec plus de 350 militaires engagés.
En 2015, la France sera une nouvelle fois en première ligne en tant que Nation cadre de la composante aérienne de la NRF, avec plus de 1500 militaires engagés, dont plus de 1300 au titre de la force de réaction immédiate (IRF).

La Marine nationale

Au mois de mai 2014, la Marine française a intégré deux chasseurs de mines au sein de la force de réaction rapide navale de l’Alliance, chargée de la lutte anti-mines. Dans ce cadre, elle a contribué à l’exercice Open spirit en Mer baltique. Un bâtiment ravitailleur a, en outre, été intégré au sein du second groupe de lutte anti-mines durant le mois de juillet.
A cela s’ajoute le déploiement régulier de bâtiments français en mer Noire, dans le cadre des missions de présence effectuées dans cette zone. En sus de leurs patrouilles, ceux-ci utilisent toutes les opportunités pour mener des entraînements bilatéraux avec les marines des pays alliés riverains. Cela permet d’optimiser la présence de ces bâtiments, en augmentant l’interopérabilité entre les marines riveraines de la mer Noire et les bâtiments français.
Enfin, un avion de surveillance maritime, déployé sur la base de la 24ème flottille de la marine de guerre durant la première quinzaine de novembre 2014 a effectué, depuis Gdynia, des vols au-dessus de la Mer baltique.

L’armée de l’air

Durant quatre mois d’avril à août, 4 avions de chasse, Rafale dans un premier temps (remplacés ensuite par des Mirage 2000), soutenus par une centaine de militaires, ont participé à une mission de permanence opérationnelle, sur demande de l’OTAN et dans le cadre de la mission Police du ciel, dans l’espace aérien des Pays baltes. Déployés au sein de la 22ème escadre aérienne de Malbork, les chasseurs français ont mis à profit cet engagement pour mener de nombreuses activités bilatérales avec leurs homologues polonais.
Cela a permis d’acquérir une meilleure connaissance mutuelle et d’améliorer l’interopérabilité de nos forces aériennes. C’est ainsi que ces avions de combat ont participé aux exercices Eagle talon en Pologne et Saber strike en Lettonie.
L’insertion d’un officier au sein du commandement aérien, à Varsovie, en appui de cette mission, a également permis de comparer les méthodes de travail pour la gestion militaire des espaces aériens.
D’autres aéronefs français sont impliqués dans les missions en Europe centrale puisque, depuis avril, la France assure des missions de surveillance aérienne sur le flanc Est de l’Alliance, en particulier au-dessus de la Pologne et de la Roumanie.

L’armée de terre

Le ministère de la défense français a d’ores-et-déjà annoncé son intention d’engager l’armée de terre dans quatre exercices de l’OTAN organisés en Pologne en 2015. Ces exercices permettront, à plusieurs occasions, d’entraîner des pelotons blindés légers, des moyens de transmission et de commandement, des militaires affectés au sein d’états-majors et des forces spéciales. Cela s’ajoute aux activités de composante bilatérale mise en œuvre par nos pays et titre de notre coopération.
A la suite de la montée en puissance du Corps multinational Nord-Est de Szczecin, la France a annoncé qu’elle y affectera plusieurs officiers à compter de l’été prochain. Afin de contribuer à cette montée en puissance, une coopération renforcée pourra également voir le jour entre Szczecin et un Corps basé en France, déjà certifié par l’OTAN au niveau High Response Force (HRF), c’est-à-dire capable de prendre le commandement d’une opération d’envergure déclenchée sur court préavis.
En outre, le ministre français de la défense, M. Le Drian, a annoncé à Varsovie le déploiement en 2015 sur le territoire polonais, d’une unité blindée. Composée de chars Leclerc, de véhicules de combat blindé de l’infanterie (VBCI) et d’une unité du génie, totalisant environ 300 cavaliers, fantassins et sapeurs, celle-ci pourra mener des exercices et parfaire ainsi son entraînement.
Ces manœuvres visent à renforcer les liens historiques et de solidarité entre la Pologne et la France et à améliorer l’interopérabilité entre nos armées. Elles constituent une démonstration visible supplémentaire de l’attention que la France accorde aux menaces sur le flanc Est de l’Alliance.

Au bilan, la continuité de l’engagement des forces françaises dans les missions de l’OTAN, plus particulièrement sur le flanc Est, illustre tout à la fois leur rôle moteur au sein de l’Alliance. La France est certes engagée sur de nombreux théâtres mais considère que les décisions prises par les chefs d’Etat et de Gouvernement lors du Sommet de Newport doivent trouver une traduction concrète.
Au-delà des mesures immédiates d’assurance, la France souhaite que l’Alliance s’adapte à l’évolution du contexte stratégique. Il est donc indispensable que les changements qui interviennent se fassent en recherchant un dispositif politiquement acceptable, qui soit militairement pertinent et soutenable financièrement. Seule la conjugaison de ces trois conditions amènera l’Alliance à se doter d’un outil adapté aux crises du futur.

Dernière modification : 09/04/2015

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