Les JO de Sotchi : des entreprises françaises dans les montagnes russes [pl]

Venus du monde entier, les athlètes ont rendez-vous en Russie à l’occasion des Jeux Olympiques d’hiver 2014. Un événement sportif mondial très attendu pour l’organisation duquel l’expertise et le savoir-faire français ont été sollicités.

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Lorsque le Comité international olympique confie l’organisation des Jeux Olympiques de 2014 à la Russie, le pays ne possède pas les équipements susceptibles d’accueillir un tel évènement. Les autorités russes doivent construire deux grands sites dédiés à cet évènement exceptionnel. Pour relever ce défi, les organisateurs se sont notamment appuyés sur les spécialistes français de la montagne. La France dispose en effet d’un formidable domaine skiable et les responsables des stations françaises mettent un point d’honneur à organiser les plus belles et les plus spectaculaires compétitions. Ce savoir-faire s’est développé depuis une quarantaine d’années, avec la création et l’exploitation de nombreuses stations de ski, comme La Plagne, Tignes ou Courchevel.

Un chantier à 36 milliards de dollars

Grâce au savoir-faire des industriels français, mais aussi canadiens, américains, autrichiens ou italiens, le chantier a été terminé en temps et en heure. Avec un budget de 36 milliards de dollars, ces Jeux Olympiques ont déjà battu un record.

« Les Russes ont fait appel à nous pour les Jeux Olympiques car nous avions déjà restructuré des petites stations chez eux dans les années 1990. Mais à Sotchi, il nous fallait tout créer de A à Z », explique Benoît Robert, responsable de Cluster-Montagne, organisme chargé de la promotion des acteurs français de l’aménagement de la montagne. Selon Cluster-Montagne, le chiffre d’affaire réalisé par les sociétés françaises à Sotchi pourrait atteindre 500 millions d’euros.

Présents à toutes les étapes de la réalisation et de l’exploitation

Pour les JO de Sotchi, les entreprises françaises ont été impliquées dans toutes les étapes de la réalisation du projet du domaine skiable et de son exploitation. Parmi elles, la société Poma a dû construire 16 remontées mécaniques en cinq ans. Une performance de plus pour cette entreprise de renommée mondiale. Aux Etats-Unis, dans les stations de sports d’hiver, Poma est tellement reconnue que les skieurs appellent les téléskis à perche débrayable des « pomalifts ».

Pour le groupe Atos, partenaire historique des Jeux Olympiques, ce ne sont pas moins de 3.000 personnes qui sont intervenues durant les quatre ans de préparation des JO de Sotchi, afin d’assurer la gestion de tout le système informatique de la compétition, de l’accréditation des journalistes au chronométrage des épreuves. Le groupe MND (Montagne et Neige Développement) a également été sélectionné par les organisateurs russes, notamment pour son système exclusif de déclenchement d’avalanches sans explosifs. « Pour des problèmes de sécurité intérieure, la Russie ne peut pas utiliser d’explosifs. Notre mélange gazeux qui se déclenche à distance et crée l’avalanche par un souffle les a convaincus », explique Rolland Didier, le directeur général.

Avec un budget de 500 000 euros, les systèmes d’information en temps réel et les plans de piste interactifs n’ont pas été négligés, même s’ils sont essentiellement destinés à l’utilisation future des sites. La station olympique Rosa Khutor a ainsi confié la signalétique et les applications pour Smartphone à la société Lumiplan. « Notre présence sur le chantier de Sotchi est un catalyseur de la démarche export », se réjouit Patrick Grand’Eury, le directeur de l’entreprise.

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Le ski alpin est fortement représenté dans les compétitions des JO d’hiver, c’est la raison pour laquelle les organisateurs ont également privilégié le choix de l’expertise française pour l’exploitation de la station où se dérouleront ces épreuves. C’est le groupe Compagnie des Alpes, devenu en moins de 15 ans un des acteurs majeurs de la production de loisirs en Europe, qui assurera la gestion du domaine skiable de Rosa-Khutor. A cela s’ajoute les contrats remportés par les filiales de grands groupes français, comme la société Cofely Ineo (GDF SUEZ), choisie par les organisateurs russes pour l’animation image et lumière des cérémonies d’ouverture et de clôture des Jeux olympiques et paralympiques de Sotchi.

Après 2014 ?

Pour les entreprises françaises l’aventure ne s’arrêtera évidemment pas le 20 février avec la cérémonie de clôture. « En 2020, la Russie entend enregistrer près de 20 millions de journées skieurs, contre trois millions aujourd’hui, explique Benoît Robert. Nous avons encore du travail pour former et assurer l’exploitation et l’entretien des installations ». La présence des industriels français en Russie ouvre aussi une porte vers d’anciennes Républiques soviétiques du Caucase, du Kazakhstan ou de la Mongolie. « Les entreprises françaises doivent continuer à faire valoir leur savoir-faire », estime Benoit Robert.

Mais Cluster-Montagne a déjà les yeux tournés vers les JO de 2018 en Corée, et même vers ceux de 2022. « Six pays ont déjà postulé, dont la Chine, l’Amérique du Nord ou encore la Pologne. Nous participons aux consultations et proposons d’ores-et-déjà nos services ».

Barbara Leblanc

Ministère des Affaires étrangères
Direction de la communication et de la presse
Sous-direction de la presse

Dernière modification : 05/02/2014

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