La PAC, une politique moderne et porteuse de croissance [pl]

La PAC, une politique moderne et porteuse de croissance

Au moment où les négociations européennes sur le cadre financier pluriannuel 2014-2020 et sur la définition de la politique agricole commune (PAC) vont entrer dans une phase décisive, 5 idées reçues parfois véhiculées en Europe méritent d’être clarifiées.
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« Il n’est pas nécessaire de maintenir la même ambition à la PAC »

C’est une politique indispensable pour relever le défi de nourrir 500 millions d’Européens en 2050. Dans un contexte où 60% des maladies infectieuses pour l’homme sont d’origine animale, c’est un enjeu de sécurité alimentaire mais surtout sanitaire, qui n’est pas de moindre importance stratégique que la sécurité énergétique ou territoriale.

Sans la PAC, les revenus agricoles ne seraient rémunérateurs que pour quelques entreprises et beaucoup cesseraient de produire. La production européenne s’effondrerait, et dans un contexte de raréfaction des ressources en eaux et en terres agricoles à l’échelle mondiale, ceci conduirait à une flambée des cours et une dépendance accrue auprès des autres pays fournisseurs, sans aucun droit de regard sur les conditions de production. L’Europe ne doit pas se désengager au moment où la Russie, la Chine ou le Brésil investissent davantage dans leur agriculture, et que celle-ci va être au cœur des enjeux du millénaire : l’alimentation, l’environnement et l’énergie.

« La PAC n’est pas porteuse de croissance »

La PAC apporte un soutien à 12 millions d’entreprises agricoles européennes productrices d’aliments qui constituent la matière première à plus de 300 mille entreprises agroalimentaires, employant près de 5 millions de personnes en Europe. L’industrie agroalimentaire est la première industrie manufacturière de l’Union européenne.

Mais la PAC, c’est aussi le soutien à la production de paysages culturels européens uniques qui génèrent une activité touristique parmi les plus importantes dans le monde.

Et enfin la PAC, c’est le soutien à la production de biomasse qui sera l’énergie de demain. En France nous sommes engagés dans un développement des énergies renouvelables : 60% de notre objectif 2020 repose sur une mobilisation de la biomasse.

Si certains perçoivent la PAC comme une politique peu porteuse de croissance, c’est peut-être parce qu’elle est mise en œuvre chez eux avec un objectif avant tout social. Ce n’est pas le cas de la France résolument tournée vers la croissance verte que la PAC peut générer. Les aides directes en France vont alimenter un secteur agricole structuré capable d’organiser et de financer son développement et l’innovation de ses produits.

« La PAC est injuste »

La PAC permet à chaque pays de définir des priorités parmi les mesures qu’elle comprend. Ainsi la France a fait le choix de concentrer ses moyens sur les aides aux revenus, dites du « premier pilier ». Elles représentent 90% de la PAC en France. Ce n’est pas le cas en Pologne qui y consacre seulement 50% de son enveloppe, la seconde moitié étant dédiée aux aides du développement rural, le « second pilier ». La Pologne en est le premier bénéficiaire en Europe.

Ceci explique qu’un hectare français reçoive 280 € d’aide directe quand la Pologne en reçoit 200. Le précédent ministre Marek Sawicki reconnaissait lui-même, dans un article de Gazeta Wyborcza du 04 juillet 2012, en réaction à une attaque de l’opposition, « qu’il ne faut pas oublier que la Pologne est le plus grand bénéficiaire de la politique de développement rural. Si nous additionnons les deux piliers, nous ne sommes pas très loin de la moyenne européenne. La moyenne européenne s’élève à 345 €/ha. La Pologne reçoit 314 €/ha. » La France se situe justement au niveau de la moyenne européenne.

Ces valeurs moyennes masquent de plus le fait que les aides à l’investissement du développement rural sont concentrés sur quelques milliers d’exploitations seulement. Les agriculteurs français seraient en droit de dénoncer l’avantage compétitif dont disposent les agriculteurs polonais qui se voient prendre en charge la moitié de la valeur d’une machine agricole, qui représente une injection de plusieurs dizaines de milliers d’euros dans une exploitation. Et ceci sans même aborder le sujet de la fiscalité agricole très avantageuse en Pologne.

La France, tout au long des 50 années d’existence de la PAC, a toujours été favorable à son adaptation aux changements de périmètre importants, comme l’adhésion des pays d’Europe centrale et orientale. Mais cette évolution doit être progressive et soutenable pour les entrepreneurs agricoles.

« Le verdissement de la PAC ne fait que compliquer un peu plus la PAC »

Il est vrai que la politique agricole commune est complexe car elle répond à une multitude de problématiques et s’adapte aux spécificités de différentes agricultures. Elle en devient difficile à comprendre pour les citoyens. Elle fait de plus sans cesse l’objet d’attaques d’autres puissances agricoles au sein de l’Organisation mondiale du commerce, pour lesquelles la fin de la PAC signifierait des potentialités gigantesques sur le marché européen. Il est donc essentiel de renforcer sa légitimité auprès des consommateurs européens, et dans les enceintes multilatérales.

Le verdissement supplémentaire proposé aujourd’hui par la Commission, c’est-à-dire en faveur de systèmes de production respectueux de l’environnement, est la seule voie pour rendre la PAC plus légitime et plus défendable. Son avenir en dépend.

« La PAC coûte cher »

La PAC, qui fête ses 50 ans cette année, est la seule politique totalement commune de l’UE, contrairement à l’éducation, la défense, le transport ou les soins de santé, dont la responsabilité et le financement relèvent des gouvernements nationaux. Son coût représente moins de 1 % des impôts et cotisations sociales payées par les Européens. Si les Vingt-Sept avaient décidé de faire de l’éducation une politique fédérale, celle-ci pèserait vingt fois plus que la PAC. Le coût des soutiens au secteur s’élève aujourd’hui à 55 milliards d’euros par an, soit 40% du budget communautaire total et 0,3% du PIB de l’UE. Il s’agit là d’un coût raisonnable au regard des biens publics indispensables que l’agriculture garantit, à la valeur bien supérieure : offre de denrées saines et de qualité, dynamisme des campagnes, et préservation de l’environnement et des paysages.

Service Economique Régional de Varsovie
Pôle Agriculture & Alimentation

Dernière modification : 06/02/2013

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