Discours pronocé au séminaire SGH autour des alumni de l’Enseignement supérieur français [pl]

Monsieur le Recteur,

Chers Professeurs,

Mesdames et Messieurs,


J’aimerais tout d’abord saluer l’organisation de cette rencontre qui célèbre une longue tradition de coopération entre SGH et la France.


SGH, première Ecole de commerce fondée en Pologne, est aujourd’hui considérée comme la meilleure école de commerce du pays. Sous l’impulsion du renforcement de la coopération entre les gouvernements français et polonais dans les années 1990, et avec le soutien de la Fondation France-Pologne, la SGH a été l’un des premiers établissements polonais d’enseignement supérieur à mettre en place des formations universitaires francophones, dont l’objectif premier était de soutenir la formation des cadres dans la nouvelle Pologne démocratique.


La SGH a ainsi mis en place trois formations innovantes, trois programmes de doubles diplômes franco-polonais qui font aujourd’hui figure de « précurseurs » pour les 66 doubles diplômes franco-polonais que l’on compte aujourd’hui :
-  Un Master de management économique européen avec HEC, mis en place en 1994 et dont je salue aujourd’hui certains des diplômés,
-  Un parcours en cinq ans de niveau Master en Sciences politiques avec Sciences Po Paris créé en 2004 et dont je salue également les alumni,
-  Une filière doctorale franco-polonaise en études européennes avec l’Université de Marne-la-Vallée.


Les doubles diplômes franco-polonais sont aujourd’hui l’outil le plus dynamique de la coopération universitaire franco-polonaise. Chaque année depuis 2011, l’Ambassade de France et l’Institut français de Pologne publient, avec le concours des établissements français et polonais un « Guide-Annuaire des doubles diplômes franco-polonais ». Le nombre de programmes de ce type est en constante évolution et plus de 70 programmes de doubles diplômes franco-polonais devraient être recensés pour l’année universitaire 2016/2017.


Mon sentiment est que ces doubles formations apportent aux étudiants et futurs diplômés des atouts pour la réussite de leur carrière professionnelle. De plus, l’ouverture d’esprit, la connaissance de plusieurs cultures, de plusieurs langues, de plusieurs méthodes de travail, sont des éléments indispensables pour former les citoyens dont l’Europe a besoin pour son développement économique.


La coopération scientifique et universitaire est l’un des axes prioritaires de la coopération franco-polonaise, inscrite dans le partenariat stratégique signé entre la France et la Pologne en novembre 2013.


Au niveau de la coopération scientifique, notre priorité est de renforcer et de développer les collaborations scientifiques franco-polonaises durables dans des domaines stratégiques pour le développement du secteur de la R&D en Pologne et en France. Nous soutenons ainsi la mobilité des chercheurs polonais en Pologne et des chercheurs français en Pologne à travers un programme de bourses spécialement dédié à la réalisation de séjours scientifiques en France et d’un programme bilatéral franco-polonais « Polonium » qui fonctionne sous la forme d’un appel à projets pour le financement de mobilités croisées.


Dans le domaine de la coopération universitaire, notre priorité est de structurer et d’encourager la mobilité des étudiants polonais en France, notamment dans le cadre de programmes de doubles diplômes, qui permettent d’encadrer cette mobilité et de développer des coopérations de long terme entre établissements d’enseignement supérieur français et polonais.


Nous disposons également d’un programme de bourses pour soutenir cette mobilité au niveau Master 2 et dans le cadre de doctorats en cotutelle. Nous encourageons et soutenons le développement de nouveaux accords de coopération universitaire, et notamment la mise en place de programmes de doubles diplômes franco-polonais au niveau Licence et Master. L’Ambassade de France a ainsi apporté son soutien à la mise en place de deux nouveaux doubles diplômes entre la SGH et Toulouse Business School en management et en business international et de nombreux étudiants de SGH pourront, je l’espère, obtenir une bourse du gouvernement français pour la réalisation de leur séjour d’études en France.


Tous les boursiers polonais du gouvernement français, les anciens diplômés de programmes de double diplôme franco-polonais et plus largement tous les alumni polonais de l’enseignement supérieur français sont aujourd’hui les membres naturels de notre réseau d’alumni « Club France en Pologne », qui contribue au rayonnement de la France en Pologne et au maintien des liens avec un réseau d’élites économiques, politiques, universitaires et scientifiques francophiles.


Ce réseau, qui fêtera en juin ses 6 ans d’existence, n’a cessé de grandir pour devenir un véritable cadre d’échanges et de rencontres professionnelles pour la communauté francophile et francophone. Il compte désormais près de 2 100 membres et travaille en coopération avec une dizaine d’entreprises.


Le suivi des anciens étudiants étrangers ayant fait leurs études en France est une priorité du Ministère des affaires étrangères et du développement international, qui a lancé le 26 novembre 2015 la nouvelle plateforme « FranceAlumni ». Cette plateforme numérique a pour but de rassembler tous les anciens diplômés étrangers au niveau mondial. Le Club France en Pologne rejoindra en septembre 2016 cette plateforme internationale pour devenir „France Alumni Pologne”.


Je vous invite donc tous chaleureusement, en tant qu’anciens diplômés de l’enseignement supérieur français et amis de la France à rejoindre le Club France en Pologne, futur grand « France Alumni Pologne » piloté par notre ambassade.


Avant de terminer, et comme cette rencontre a pour titre « Akademickie rendez-vous z Francją w SGH, Historia i wyzwania przyszłości” », voici quelques défis futurs pour lesquels la France souhaite accompagner la Pologne, car nos deux pays partagent la conviction du nécessaire approfondissement des efforts d’innovation et de recherche, pour moderniser leurs économies, favoriser l’emploi, et faciliter la transition énergétique.


Avec l’appel du Conseil européen de décembre 2013 à consolider la base industrielle et technologique de la défense européenne, l’industrie polonaise de défense est aujourd’hui à la croisée des chemins. La France, qui a fait il y a de nombreuses décennies, et avec succès, le choix d’une certaine autonomie stratégique, se propose aujourd’hui d’être le partenaire de la Pologne, dans le cadre plus large d’un programme européen d’armement de pointe. Plutôt qu’une politique « d’achats sur étagère », assortie de conditions coûteuses et contraignantes, la France propose à la Pologne des transferts de technologie, le partage des risques et des bénéfices, une répartition de la R&D pour créer les systèmes du futur dont chaque partie sera pleinement propriétaire ; donc de produire ensemble des armements qui ne seront soumis à aucune restriction à l’exportation dictée par une tierce partie.


C’est également ensemble que nous estimons qu’une bonne coopération stratégique doit s’accompagner d’une réflexion approfondie sur la question de l’énergie et notamment du développement des énergies décarbonées. Notre souveraineté, mais également notre économie et notre croissance, dépendent grandement de la façon dont nous la produisons. Pour nos deux pays, cela impliquerait de mener des projets industriels conjoints, d’établir des complémentarités entre nos mix énergétiques. Une approche coordonnée sur ce sujet présenterait le double avantage d’être plus compétitive et plus respectueuse de l’environnement, en facilitant le terrain à une réflexion commune sur la réduction de notre dépendance aux hydrocarbures et au charbon, et donc de nos émissions de gaz à effet de serre en allant dans le sens de l’accord de Paris suite à la COP21, signé récemment par la Pologne. La France a pour sa part misé sur l’énergie nucléaire et développé en la matière un savoir-faire inégalé, avec 59 centrales couvrant plus de 75% de notre production d’électricité.


C’est donc avec plaisir que nous constatons que la Pologne a, comme nous, conscience de l’utilité du nucléaire pour réduire l’empreinte carbone de son économie.
Evidemment, notre coopération en matière d’innovation et de recherche ne se limite pas à la défense et à l’énergie, et elle pourrait trouver sa place dans des secteurs de pointe à haute valeur ajoutée comme la recherche nucléaire et le secteur spatial où des coopérations franco-polonaises de long terme existent déjà, ou encore la cybersécurité, les maladies neurodégénératives et la médecine personnalisée liée notamment aux traitements du cancer.


Pour conclure, je vous souhaite une excellente soirée, et j’encourage les alumni polonais de l’Enseignement supérieur français présents ce soir à prolonger leur expérience avec les étudiants polonais afin de leur montrer comment ils ont pu conjuguer la chance qu’ils ont eu de réaliser des études en France avec leur réussite professionnelle actuelle.


Je remercie les amis de la France qui ont eu l’initiative de cet événement et je vous remercie de votre attention.

Dernière modification : 27/05/2016

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