Discours du 11 novembre 2013

Messieurs les Ambassadeurs,
Mon Général,
Monsieur le Proviseur,
Monsieur le directeur de l’Ecole de Sadyba,
Messieurs les officiers supérieurs,
Chers professeurs et chers compatriotes,
Chers lycéens et chers élèves du Lycée français de Varsovie,
Chers anciens

Je voudrais remercier les militaires polonais représentés aujourd’hui par la garnison de Varsovie qui par son professionnalisme et son implication, dans un esprit de fraternité d’armes, contribue à la solennité de cette cérémonie.

Il y a 95 ans, à 11h00, retentissait la sonnerie du cessez-le-feu, annonçant la fin de ce qui restera dans l’Histoire comme la Grande guerre.

Par votre présence vous témoignez de l’importance que revêt la commémoration de ce 11 novembre 1918. Comme le disait le Président de la République jeudi dernier, en annonçant le programme du centenaire de la Première Guerre Mondiale, « commémorer, c’est saisir la force des générations qui nous ont précédés afin de faire des leçons de vie pour les suivantes ».

Car jamais au cours de sa longue histoire, l’Europe ne s’était déchirée à ce point dans un conflit armé qui restera comme la première guerre industrielle.

Cette guerre, les Français et les Polonais l’ont faite ensemble, avec, dès 1914, l’apport des volontaires polonais qui allaient ensuite former, à partir de l’année 1917, l’armée Haller. Nos soldats se sont battus, avec un courage inébranlable et au prix du sang, pour l’honneur, pour leur patrie, et, dans le cas de la Pologne, pour la restauration d’un Etat national, après 123 ans d’absence de la carte politique du continent européen. Dès 1920, nous sommes à nouveau au combat, côte à côte, mais cette fois sur le sol polonais pour stopper la poussée bolchévique ici même, à Varsovie.

Aujourd’hui, les derniers vétérans de cette époque ont disparu. S’il nous est difficile de réaliser tout ce que ces hommes ont pu endurer, ils ne mourront pas tant que nous continuerons d’honorer leur mémoire.

Leurs idéaux sont intemporels et universels : la liberté, la paix, la solidarité, la tolérance et l’indépendance. Ils espéraient que cette guerre serait la dernière qui ensanglanterait notre continent. Cet espoir a été déçu, mais les valeurs qu’ils défendaient alors sont aujourd’hui la fondation de notre bien commun, l’Europe unie, plus que jamais consciente de la force qui vient de l’union dans la liberté et dans la solidarité.

Car c’est bien dans cet esprit qu’il nous incombe de nous souvenir. « Commémorer la Première Guerre mondiale » et je cite ici à nouveau le Président de la République, « c’est également prononcer un message de paix. Les victimes n’ont plus d’uniformes. Elles reposent, à égalité de respect. Le Centenaire n’a pas vocation à exhumer les combats d’hier, mais à réunir tous les belligérants. Réconcilier, c’est fait. Les rassembler dans la même évocation et nous rapprocher encore davantage de nos amis allemands ». C’est dans cet esprit que je salue la présence ici des représentants de toutes les nations qui se sont affrontées il y a près d’un siècle sur les champs de bataille.

Pour autant, et qu’on me permette une troisième citation de l’intervention de jeudi dernier à l’Elysée, « ce temps de mémoire intervient également dans un contexte où l’idéal européen paraît s’épuiser, où la paix suscite l’indifférence tant elle s’est installée comme une évidence, alors même que sur notre continent, montent les particularismes, les séparatismes, les extrémismes et les nationalismes ».

C’est donc un double message qui s’impose ici aux jeunes générations, représentées aujourd’hui par des lycéens, polonais et français, celui de l’espoir que justifie cette immense ambition qui est la nôtre d’une Europe en paix, prospère et respectée, celui aussi qu’on ne saurait rien tenir pour définitivement acquis et que l’effort pour préserver ce bien précieux ne doit pas se relâcher.

C’est pourquoi je m’incline devant le sacrifice de millions de ces générations qui nous ont précédés :
-  Vive la Pologne ;
-  Vive la France ;
-  Vive l’Europe unie et libre.

Dernière modification : 11/11/2013

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