Déclaration commune des Ministres du Triangle de Weimar en charge des Affaires européennes

Déclaration commune
des Ministres du Triangle de Weimar en charge des Affaires européennes
Varsovie, 10 juillet 2014

Construire sur la base du nouveau programme stratégique pour l’Union en période de changement

Nous, Ministres des Affaires européennes de la Pologne, de l’Allemagne et de la France, réaffirmons notre volonté commune de renforcer la compétitivité et la cohésion sociale de l’Union européenne, d’approfondir son intégration et de la rapprocher des attentes de ses citoyens.

Ces dernières années, la crise économique a eu des effets négatifs majeurs sur le plan social au sein de l’Union européenne, entrainant une augmentation significative du chômage et de la pauvreté. Bien que notre économie connaisse aujourd’hui une reprise, cette dernière ne se traduit pas immédiatement et équitablement par une amélioration concrète des conditions de vie pour tous les Européens, ce qui conduit à accroître la défiance des citoyens à l’égard de la politique de l’Union, comme l’ont montré les dernières élections européennes.

Le début d’un nouveau cycle politique et institutionnel constitue un moment opportun pour impulser une nouvelle dynamique, poser des jalons pour l’avenir et recréer un lien fort entre l’Union et ses citoyens. C’est à cette fin que le Conseil européen a adopté, les 26 et 27 juin, un « programme stratégique pour l’Union à l’ère du changement » mettant en avant la nécessité de se concentrer sur la croissance et l’emploi et fixant cinq grandes priorités qui fourniront aux institutions européennes une feuille de route claire pour les cinq années à venir.

En tant que Ministres des Affaires européennes, notre responsabilité commune est aujourd’hui de veiller à ce que le Conseil Affaires générales assume pleinement son rôle transverse de coordination dans le suivi de ces conclusions et d’encourager à prendre toutes les mesures nécessaires pour mettre ce programme totalement en œuvre.

Compte tenu des défis importants que nous devons relever et de la réaction rapide qui est attendue de l’Union européenne à cet égard, nous affirmons notre volonté commune de :

- d’approfondir l’intégration de l’Union économique et monétaire : beaucoup a été fait récemment afin d’élaborer une réponse efficace et cohérente à la crise économique. L’adoption de règles budgétaires globales, d’un nouveau cadre pour identifier et corriger les déséquilibres macro-économiques et d’un mécanisme permanent de lutte contre la crise, ainsi que la réussite historique de l’union bancaire, ont déjà contribué à rétablir la stabilité et la confiance dans l’UEM. Cependant, les efforts d’assainissement budgétaire, qui doivent se poursuivre de manière différenciée et favorable à la croissance, ainsi que la mise en œuvre des réformes structurelles, doivent être maintenus pour encourager la croissance, stimuler l’investissement et améliorer la viabilité budgétaire tout en utilisant au mieux la flexibilité prévue par les règles du Pacte de stabilité et de croissance. Enfin, nous sommes favorables à une gouvernance efficace de la zone euro, à une coordination accrue des politiques économiques et au renforcement de la convergence et de la solidarité, tout en respectant l’intégrité du marché intérieur et en préservant l’ouverture et la transparence envers les pays n’appartenant pas à la zone euro. Cela doit être le principe directeur de l’approfondissement de la réforme de l’UEM, comme indiqué dans le programme stratégique pour l’Union à l’ère du changement.

- de renforcer la dimension sociale de l’Union européenne : l’utilisation d’indicateurs sociaux permettra de mieux comprendre le développement social. Nous devons accélérer les initiatives en faveur de l’emploi, en particulier pour la jeune génération qui a été la plus touchée par la crise. Le réexamen prochain de la stratégie Europe 2020 constituera une occasion essentielle pour progresser dans ce domaine tout en prenant en considération les particularités et les besoins de chaque État membre.

- de bâtir une Union énergétique afin d’obtenir une énergie durable, sûre et à un coût abordable : la crise actuelle dans l’Est de l’Europe souligne la nécessité de sécuriser nos approvisionnements énergétiques en achevant l’intégration du marché intérieur européen, en diversifiant nos sources d’approvisionnement et nos fournisseurs et en renforçant notre efficacité énergétique. À cette fin, nous apportons notre soutien à l’élaboration d’une politique européenne en matière d’énergie et de climat afin de répondre aux enjeux de la sécurité énergétique et de définir, au plus tard en octobre 2014, un cadre européen cohérent et ambitieux pour 2030, conformément aux conclusions du Conseil européen.

Compte tenu de l’importance extrême qui s’attache au maintien d’un dialogue constant entre la France, l’Allemagne et la Pologne, et en nous appuyons sur notre perception commune des avantages de la formation d’un consensus au sein de l’Union européenne, nous demeurons fermement résolus à encourager la coopération trilatérale au sein du Triangle de Weimar et nous nous efforcerons de présenter des propositions communes sur ces questions.

Piotr Serafin, Secrétaire d’État, Ministère des affaires étrangères, Pologne
Michael Roth, Ministre adjoint, Ministère fédéral des affaires étrangères, Allemagne
Harlem Désir, Secrétaire d’État, Ministère des affaires étrangères et du développement international, France

Dernière modification : 23/07/2014

Haut de page