Conférence de presse à l’occasion du lancement de la Francophonie [pl]


Intervention de l’Ambassadeur de France
au cours de la conférence de presse consacrée
au lancement des manifestations du mois de mars
à l’occasion de la Journée de la Francophonie

(Teatr Polski, Sala Kameralna, lundi 25 février 2013)

Monsieur le Directeur, cher Andrzej Seweryn,
Monsieur le Délégué de la Communauté Wallonie-Bruxelles,
Monsieur le Chargé d’affaires de la République démocratique du Congo dont le pays assure actuellement la Présidence de la francophonie,
Madame la représentante du ministère des Sports de la Pologne,
Chers collègues,
Chers amis francophones et francophiles,
Mesdames, Messieurs,

Ce qui nous réunit aujourd’hui, c’est le lancement de la journée internationale de la Francophonie que nous commémorons chaque année le 20 mars. Car c’est le 20 mars 1970 qu’a été créée à Niamey au Niger, l’Agence de coopération culturelle et technique (A.C.C.T.) devenue ensuite l’Organisation internationale de la francophonie, dont l’acronyme O.I.F. est désormais connu et reconnu dans le monde entier et qui est présidée par l’ancien Président sénégalais M. Abdou Diouf.

Faire, ce matin, au Teatr Polski, le lancement du mois de la Francophonie 2013 en Pologne, a, pour moi, une forte charge symbolique, car son directeur, Andrzej Seweryn, est lui-même un acteur de renommée internationale profondément attaché à notre langue et sociétaire honoraire de la Comédie Française. Parler de diversité linguistique et culturelle dans ce lieu de création prestigieux, qu’il administre avec talent et ferveur, est donc un plaisir et un honneur.

Alors que l’on ne peut que constater – souvent pour le déplorer - l’hégémonie de l’anglais, il me semble essentiel de souligner l’importance de la communauté francophone dans le monde et des valeurs qui l’unissent.

L’OIF, c’est en effet une organisation composée de 57 Etats et gouvernements et de 20 Etats membres observateurs répartis sur 5 continents. C’est aussi plus de 220 millions de locuteurs francophones, dont 60% ont aujourd’hui moins de 30 ans. A l’horizon 2050, ils seront 700 millions, dont 80% sur le continent africain.

Les valeurs que défend l’OIF, ce sont les valeurs universelles de la démocratie et des droits de l’homme. Ce combat est loin d’être gagné.

Mais l’OIF s’est également donné comme objectif la sauvegarde de l’extraordinaire diversité de l’expression francophone dans le monde. C’est un défi auquel nous tentons de répondre, dans notre travail quotidien, au sein de nos ambassades dans le monde, de nos instituts culturels et des multiples associations animées par des individus convaincus de l’importance de cet enjeu.

Je me réjouis de l’initiative prise cette année par plusieurs ambassades francophones de réunir sous une même bannière un programme dédié à la Francophonie et à son extraordinaire diversité d’expressions. C’est exemplaire et j’espère que ce n’est que le début d’une coopération qui se développera davantage chaque année avec nos partenaires polonais.

Car, en effet, commémorer dignement la Journée Internationale de la Francophonie a un sens singulier en Pologne. Membre observateur de l’OIF depuis 1997, la Pologne est historiquement un pays francophile profondément attaché à notre langue commune, le français.

Si l’ouverture du pays s’est naturellement accompagnée d’un intérêt accru pour l’anglais et d’autres langues comme l’allemand et l’espagnol, la langue et la culture françaises font partie du paysage polonais. Le français occupe en effet la 4ème place parmi les langues enseignées à l’école, 177 000 élèves l’apprennent, parmi lesquels 4 000 élèves sont inscrits dans les sections bilingues francophones. Dans les universités, il y a plus de 20 000 étudiants qui choisissent d’étudier le français ou de le perfectionner.

L’Institut français de Pologne et les Alliances Françaises enseignent le français à plus de 8 000 étudiants chaque année. La communauté Wallonie-Bruxelles s’est aussi engagée dans un programme ambitieux d’appui à l’enseignement du français en Silésie.

Je pourrais bien entendu continuer à multiplier les exemples et à aligner des chiffres mais là n’est pas le propos. Ce qui compte, en effet, à mes yeux, c’est que l’offre artistique francophone trouve toujours une place dans le paysage polonais et votre présence ce matin est le témoin d’un intérêt toujours vivant du public polonais pour une création de qualité et diversifiée.

Dominique Wolton, éminent linguiste français récemment de passage en Pologne, affirme que la culture, « c’est ce qui nous structure ». J’ajouterais, quant à moi, que les langues, toutes les langues, c’est aussi ce qui nous structure et nous unit dans la différence. Parmi toutes les langues du monde, le français est une langue majeure et, j’en suis convaincu, continuera de l’être grâce à l’engagement de ceux qui l’enseignent et de ceux qui l’étudient.

Je vous remercie de votre attention. C’est avec plaisir que je passe le micro à M. Franck Pezza, délégué général de la communauté Wallonie-Bruxelles, qui va vous donner des détails sur le programme proposé.

Dernière modification : 17/03/2014

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