de l’Ambassadeur de France en Pologne de la conférence « La sécurité d’approvisionnement énergétique en Europe » Vendredi 29 octobre, Bibliothèque de l’Université de Varsovie |
Messieurs les Ministres,
Cher Collègue, Cher Rüdiger,
Mesdames et Messieurs,
Chers amis,
Nous nous retrouvons aujourd’hui, dans ce magnifique bâtiment de la Bibliothèque de l’Université de Varsovie, pour le second débat du cycle « Nouvelle décennie, nouvelle Europe », cette fois consacré à la sécurité d’approvisionnement énergétique de notre continent, objet de préoccupation de tous les gouvernements européens. Je salue les organisateurs de cette rencontre – en format Weimar : la Fondation Bronislaw Geremek, la Fondation Friedrich Ebert et le Centre de civilisation française de l’Université de Varsovie.
Je salue également, en votre nom à tous, les intervenants de haut niveau qui ont accepté de se prêter à ce débat : MM. Janusz Steinhoff, Severin Fischer et Didier Houssin. Le Président du Parlement européen, M. Jerzy Buzek, qui devait intervenir en ouverture de notre débat, n’a malheureusement pas pu se joindre à nous aujourd’hui.
Nous savons tous que l’énergie est essentielle pour l’Europe : les besoins des populations, de l’économie et de la production industrielle imposent une gestion rationnelle et prudente de l’approvisionnement en énergie. Pourtant, la période des approvisionnements bon marché, et sûrs, est révolue : tous les Etats membres de l’Union européenne dépendent de plus en plus des importations, subissent une augmentation des prix de l’énergie, et doivent s’adapter aux contraintes du changement climatique.
L’Union européenne est dépendante à 54% de produits importés pour sa couverture énergétique, et si rien ne change, d’ici 2020 ou 2030, ce chiffre s’élèvera à 70%. La dépendance énergétique a également une signification politique importante : nous savons tous quelle est la dépendance de l’Union européenne à l’égard de pays tiers, qu’il s’agisse de charbon, de pétrole ou de gaz. Une part importante de nos importations vient de Russie et aussi d’autres fournisseurs : Moyen Orient pour le pétrole, Afrique du sud pour le charbon, Norvège et Algérie pour le gaz. Mais la diversification des ressources pourrait être insuffisante. L’Agence internationale de l’énergie prévoit à la fois une augmentation de la consommation mondiale d’hydrocarbures dans les années à venir et un manque d’investissement dans la prospection, qui font craindre de fortes tensions dans l’approvisionnement.
Mieux assurer ces approvisionnements énergétiques est donc devenu l’un des objectifs majeurs des gouvernements.
Cette question a toujours été considérée comme stratégique par la Pologne, l’Allemagne et la France. Les trois pays ont fait des choix politiques différents en matière d’énergie. La France s’est dotée de centrales nucléaires qui couvrent ses besoins en électricité. La Pologne a pu s’appuyer sur ses ressources en charbon. Elle doit désormais compter avec les limites de ses gisements, et avec les émissions de CO2. L’Allemagne a fait le choix d’une plus grande diversité énergétique qui se traduit aujourd’hui par un investissement important dans les énergies renouvelables.
Au-delà des réponses nationales, la politique énergétique a désormais une dimension communautaire : les États membres sont interdépendants, tant vis-à-vis du changement climatique que pour la réalisation du marché intérieur de l’énergie. Si une coupure de courant se produit dans un Etat membre, les conséquences s’en ressentent dans d’autres.
Cela ne se traduit cependant pas encore par une politique de l’énergie communautaire, donnant à l’Union européenne les moyens d’agir, notamment vis-à-vis de l’extérieur. L’Union européenne ne dispose pas encore de tous les moyens permettant de peser sur le marché international. Les mécanismes de solidarité entre les Etats membres sont en cours de mise en œuvre, mais les politiques de l’énergie, et notamment le choix d’un équilibre énergétique, se définissent avant tout au niveau national.
C’est de cela que nous allons débattre aujourd’hui. Les défis qui se présentent devant l’Union européenne sont ceux auxquels doivent faire face la France, la Pologne et l’Allemagne.
C’est tout le sens de la déclaration commune des Présidents Jerzy Buzek et Jacques Delors, qui en mai dernier appelaient à la création d’une Communauté européenne de l’énergie. Comment mieux assurer la disponibilité physique et continue des produits énergétiques sur le marché à un prix accessible à tous les consommateurs ? Pourquoi cette stratégie énergétique peut être mieux assurée au niveau européen ?
Je cède maintenant la parole à M. Jacek Safuta, directeur du bureau d’information du Parlement européen en Pologne, qui va nous donner lecture d’un message de M. Jerzy Buzek, Président du Parlement européen.
