Colloque sur les relations franco-polonaises (Wilanow, 16 octobre 2014)

Colloque sur les relations franco-polonaises
(Wilanow, 16 octobre 2014)

M. le Professeur Dumanowski
M. le Professeur Figeac,
Mesdames, Messieurs les Professeurs,
Mesdames, Messieurs (les Universitaires),
Chers amis.

La France a toujours été aux côtés de la Pologne, hier et aujourd’hui.

Aujourd’hui, plus que jamais, elle est aux côtés de la Pologne, qui vit sans doute une période de ses périodes les plus fastes de son histoire.

En effet, la Pologne vient de célébrer le 25-ème anniversaire du premier gouvernement Mazowiecki, elle est membre de l’Union européenne et de l’OTAN, elle a traversé avec moins de soubresauts que d’autres la crise financière qui a ébranlé le monde, elle vient de donner un président à l’Europe et elle s’engage dans la voie de la pleine adhésion à la zone euro.

La France souhaite ainsi travailler avec la Pologne pour écrire de nouvelles pages de notre histoire, aujourd’hui, au sein de la famille européenne et au sein de la grande famille transatlantique.

Illustrée par les premiers pas du Premier ministre Ewa Kopacz sur la scène européenne, la relation franco-polonaise est une des priorités de la politique étrangère de Varsovie. Lors de leur encontre à Paris, François Hollande et Ewa Kopacz ont ainsi abordé des sujets qui touchent directement aux affaires des deux pays –énergie et climat, relance et investissement en Europe, Ukraine- mais ils ont aussi évoqué les affaires du monde : le Moyen Orient, l’Afrique. Cela souligne la place particulière qu’occupe désormais Varsovie dans notre vision du monde : la Pologne est un grand d’Europe, dont nous souhaitons qu’il assume des responsabilités, aux côtés de la France, dans la conduite des affaires européennes et du monde.

Sur le plan européen, le dialogue avec Varsovie est essentiel pour avancer dans la résolution des dossiers complexes. Ce sera notamment le cas sur le climat, où après l’échéance importante du Conseil européen des 23 et 24 octobre prochains, nous comptons sur l’appui de Varsovie pour réussir le sommet de la COP 21 à Paris en décembre 2015. C’est un enjeu majeur pour l’Union européenne et la Pologne a tout son rôle à jouer pour que ce sommet soit un succès européen.

Au-delà de ces questions de climat et d’énergie, notre relation bilatérale est également très active sur le plan industriel. Nous sommes en effet soucieux, en appui des grands principes politiques décidés à haut niveau, de trouver les solutions industrielles qui permettent de relever ces défis. Ainsi, notre dialogue pour la création d’une filière nucléaire française est-il particulièrement intéressant pour accompagner la Pologne sur un dossier essentiel pour son avenir, à savoir une plus grande autonomie énergétique. L’économie polonaise est trop dépendante du charbon et la France considère que l’aider à améliorer son mix énergétique. Il s’agit pour nos deux pays d’un enjeu tant industriel que politique.

Dans le domaine de la défense, la France s’est engagée dès le départ, aux côtés d’autres membres de l’OTAN, dans le programme de réassurance des Alliés du flanc oriental, en réponse au défi stratégique posé par la crise ukrainienne. Mais la sécurité de la Pologne repose d’abord sur un outil militaire national moderne et performant. La France est un des acteurs majeurs de la production industrielle d’armements et elle est en mesure de fournir à la Pologne les moyens de sa défense anti-aérienne, des hélicoptères ou bien encore des sous-marins, tout équipement dont Varsovie a formulé le besoin. Notre offre n’est pas que commerciale. Elle est avant tout industrielle, pour intégrer la Pologne plus avant dans la construction de la BITDE. J’en veux pour exemple la volonté d’Airbus de faire de la Pologne la 5ème nation européenne de production pour Airbus. Elle est aussi politique, dans la mesure où nous ne verrions que des avantages à ce que la Pologne soit un acteur majeur de la PSDC. Nous comptons sur Varsovie pour faire vivre l’Europe de la défense. Cette Europe de la défense doit nous permettre de relever les nombreux défis du XXIème siècle, qu’ils soient à l’Est ou au Sud. Et, à mon sens, la Pologne a un vrai rôle à jouer, à nos côtés, en Afrique.

Sur le plan économique, nous avons de véritables convergences de vue sur un certain nombre de dossiers, dont un est particulièrement d’actualité pour Paris, c’est celui de la relance par l’emploi et l’investissement. L’initiative polonaise portée par le ministre des Finances, M. Szczurek, est de nature à alimenter un débat européen bienvenu, à un moment où nos économies sont en proie au chômage et à des croissances faibles. Là encore, Varsovie et Paris peuvent animer l’Europe et dégager des mesures pour nous sortir du marasme actuel. A moyen terme, cela suppose aussi que la Pologne prenne toute la place qui lui revient dans les mécanismes d’intégration économique et monétaire, comme l’Union bancaire ou la zone euro. Un large débat sur ces questions permettrait aux citoyens polonais de se déterminer en connaissance de cause. La France depuis 2012 a été pionnière pour faire participer la Pologne aux débats de la zone euro, bien qu’elle n’en soit pas membre, montrant ainsi que la France est sur ce sujet prête à accompagner et conseiller la Pologne pour réussir son éventuelle adhésion à la zone euro.
Avec ces quelques éléments, vous comprenez que la relation franco-polonaise est dense et nourrie. Mais j’aimerais l’inscrire aussi dans un format encore riche de potentiels peu exploités, c’est celui du Triangle de Weimar. Le ministre des Affaires étrangères, Grzegorz Schetyna, s’est, dès sa nomination, rendu à Berlin et à Paris. Les 3 ministres des Affaires étrangères sont appelés à se revoir prochainement. C’est un format qui est de nature à dynamiser l’Europe sur un certain nombre de dossiers. En dialoguant ensemble, Varsovie, Berlin et Paris peuvent proposer à nos partenaires européens et au-delà des initiatives bienvenues. Ainsi, je ne serais pas surpris que nos ministres insufflent des idées nouvelles en faveur du voisinage européen, à l’Est sans aucun doute.

Je voudrais ici terminer mon intervention en soulignant une fois encore la densité de la relation bilatérale entre nos deux pays. Par exemple, nos ministres de la Défense se sont vus 13 fois ; il y a sans doute peu de ministres de pays amis qui peuvent afficher une telle fréquence. Et rappeler qu’en 2014, la France et la Pologne sont côte à côte pour assumer leurs responsabilités dans la conduite des affaires européennes et du monde.
Je vous remercie.

Dernière modification : 16/10/2014

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