Cocktail de l’Equipe de France du nucléaire en Pologne [pl]

Discours de M. l’Ambassadeur au cocktail de l’Equipe de France du nucléaire en Pologne 10 décembre 2015



Mesdames et Messieurs,

Je me réjouis de la présence ce soir d’autant d’invités de marque, polonais comme français, pour ce troisième cocktail de l’équipe de France de l’énergie nucléaire. Laissez-moi vous souhaiter la bienvenue avant de lever nos verres pour conclure l’année 2015.

En premier lieu, je souhaiterais saluer le changement politique important à la tête du pays, avec l’élection en mai d’Andrzej Duda à la présidence, puis, le 25 octobre, d’une majorité issue de la même formation dans les deux chambres du Parlement polonais. Le Président Duda a été reçu en visite officielle à Paris le 28 octobre, quelques jours après le scrutin législatif. Pour y avoir été associé, je peux confirmer qu’elle a été marquée de bout en bout par une atmosphère chaleureuse et cordiale, reflet de l’amitié historique entre nos deux pays. Outre le Président de la République et le Premier ministre, les Présidents de l’Assemblée Nationale et du Sénat ont reçu le Président Duda. Dans ce contexte, je suis certain que l’excellente coopération entre la France et la Pologne dans le domaine nucléaire se poursuivra.

J’ai naturellement écouté avec la plus grande attention le discours d’investiture de Madame Beata Szydło et j’ai noté que la Pologne, comme tous les grands pays, fait face au défi de l’indépendance énergétique, ceci à un coût permettant le développement économique. Je connais et je comprends la priorité qui est donné par le gouvernement au charbon. Toutefois je crois aussi qu’en raison des désordres climatiques récemment évoqués lors de la COP21, étant donné le contexte de grande incertitude sur les prix à long terme des combustibles, le nucléaire constitue une réponse fiable et durable aux questions de la nécessaire stabilité des prix comme de la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Certes le financement de cette adoption est un enjeu, et la mise de fonds initiale en sera importante. Mais la Pologne, en faisant le choix du nucléaire, opte pour un investissement dans des installations à fort contenu local que ce soit le génie civil, les équipements ou les prestations de montage par des entreprises polonaises de toutes tailles. Elle fait aussi le choix de s’engager dans un processus de développement scientifique et professionnel de sa population, de ses physiciens, de ses chercheurs. Cette décision constitue à cet égard une évolution clé pour le développement de ses compétences afin de garantir la sûreté nucléaire des installations qui doit constituer la toute première priorité. Je sais par ailleurs que la France est prête à apporter tout le savoir-faire qu’elle a pu acquérir à ses voisins européens, polonais en particulier. Je pense ici aux centres de recherche, aux universités et aux industriels que sont PGE et ses partenaires Tauron, ENEA et KGHM. L’équipe de France est également prête à co-investir à leurs côtés ; à l’exemple de l’engagement d’EDF dans un partenariat de long terme en Chine et au Royaume Uni ; à l’exemple de l’accord signé en mars dernier par le CEA, en présence des deux premiers ministre, avec les principaux centres de recherche polonais que sont le Centre National de Recherche Nucléaire (NCBJ), de l’Institut de la Chimie et de Techniques Nucléaires (IChTJ), ainsi que le Laboratoire Central de Protection radiologique (CLOR) en perspective – entre autres - de la constitution d’un Centre d’excellence européen pour la recherche nucléaire. Il s’agit dans les faits de créer une filière industrielle de pointe, s’accompagnant bien évidemment d’emplois hautement qualifiés, de montée en compétence et en technologie.

C’est donc avec grand plaisir que je salue l’avancée du projet, notamment la mise en place du « Code of Conduct » visant à définir le cadre du futur appel d’offre et je note aussi la déclaration remise en octobre par laquelle ; outre la constations des progrès accomplis ces dernières années, l’Equipe de France exprime une nouvelle fois son intérêt pour le projet polonais.

Je ne peux donc que réitérer l’engagement de la France, de l’Equipe de France du nucléaire que j’ai ici et aujourd’hui l’honneur de représenter, à construire aux côtés de la Pologne les conditions d’un développement réussi de l’énergie nucléaire. La France à l’honneur de mettre au service de la Pologne les capacités industrielles, techniques et scientifiques qu’elle a développé depuis son accession au nucléaire, voilà plus de 70 ans. Dans ce cadre, j’ai naturellement en tête le séminaire que j’ai eu l’honneur d’ouvrir hier concernant le Licensing au Ministère de l’économie, mais aussi les aspects réglementaires, comme l’illustre le Forum dédié au cadre législatif européen à l’Université de droit de Varsovie il y a un mois. Je pourrais également citer le transfert des codes de construction et des codes de calcul qui se sont échelonnés ces trois dernières années ainsi que bien d’autres évènements qui construisent notre si riche et fructueuse collaboration.

Dans cette optique, je ne peux également qu’accueillir avec une grande satisfaction l’image positive qui entoure aujourd’hui les différents acteurs français du nucléaire en Pologne, auprès des interlocuteurs spécialisés comme du grand public. Ceci résulte à mon sens des nombreuses actions menées à tous les niveaux, et, bien évidemment, de la volonté de la France de répondre à chacun des souhaits formulés par la Pologne. Il m’appartient également de mettre l’accent sur l’atout incomparable – en termes de garanties et soutiens - conféré par l’Union Européenne dans le cadre du projet polonais, et ce sur bien des plans, réglementaire, technique, logistique, …
Je le rappelais il y a quelques instants, le choix de l’énergie nucléaire permettrait à la Pologne d’apporter sa contribution à la lutte contre le réchauffement climatique. Car l’un des temps fort de cette année est naturellement la COP21, s’achevant à Paris au moment où nous parlons. Comme vous le savez, la France a choisi de faire de la lutte contre le changement climatique l’une de ses priorités, et c’est avec satisfaction que je constate l’ampleur de la mobilisation internationale pour infléchir ce dérèglement climatique ainsi que les efforts qui ont été faits par tous les participants à cet évènement d’une portée considérable. Je pense notamment aux contributions qui ont été soumises par les principaux pays industrialisés, l’Europe bien sûr, porteuse d’objectifs extrêmement ambitieux en matière de lutte contre les émissions de gaz à effet de serre, mais aussi pour la première fois les Etats-Unis et la Chine. Je l’affirme encore une fois : le poids de l’inertie face au dérèglement climatique serait infiniment supérieur aux efforts demandés aujourd’hui. Ce fardeau serait bien sûr économique et financier, aux dépens des générations à venir, celles de nos enfants. Ce n’est évidemment pas tout, les conséquences sociales mondiales se feraient ressentir, une montée des conflits et insécurités, des déplacements massifs de populations sur la planète.

A l’aube de 2016, la filière nucléaire française se tient donc toujours à la pleine disposition de la Pologne pour la suite de son Programme. Nos invités français, que je salue ce soir, offrent une excellente illustration de l’expertise nucléaire de notre pays et montrent son étendue : qu’il s’agisse du combustible, de l’exploitation, de la sûreté, de la gestion des déchets ou de bien d’autres domaines encore, l’offre française est une offre de proximité, notre offre est globale, elle couvre la recherche, la technologie, le combustible, le financement. La France s’engage.
Je vous remercie pour votre attention

Dernière modification : 11/12/2015

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