Cocktail de l’Equipe de France du nucléaire en Pologne, mardi 16 décembre 2014 [pl]

Discours de M. l’Ambassadeur au cocktail de l’Equipe de France du nucléaire
en Pologne, mardi 16 décembre 2014



Mesdames et Messieurs les députés,
Mesdames et Messieurs les présidents et directeurs,
Mesdames et Messieurs les responsables d’institutions de recherche,
Mesdames et Messieurs,


Je me réjouis de la présence ce soir d’autant d’invités de marque, polonais comme français, pour ce deuxième cocktail de l’équipe de France de l’énergie nucléaire. Laissez-moi vous souhaiter la bienvenue avant de lever nos verres pour conclure l’année 2014.

Mais pour commencer, je souhaiterais rendre hommage à un grand capitaine d’industrie, Luc Oursel. Son décès est survenu à l’âge de 55 ans, des suites d’une douloureuse et foudroyante maladie, qui l’avait amener à quitter AREVA il y a deux mois à peine. Il avait déployé toute son énergie pour faire face aux conséquences pour le marché du nucléaire mondial de l’accident de Fukushima. Je souhaite également rappeler que Luc Oursel considérait le programme polonais comme l’une de ses priorités, et s’il est un hommage que je souhaiterais rendre à sa mémoire, c’est de tendre de toutes nos forces à la réalisation de cet objectif qu’il avait poursuivi avec tant de conviction. Croyez bien que telle est la volonté inébranlable de la France.

Précisément, il m’apparait au terme de cette année, que ce programme nucléaire polonais repose, désormais, solidement sur quatre piliers : en premier lieu, le Programme Nucléaire Polonais a été adopté par le gouvernement ; en second lieu, de nouvelles perspectives de financement se mettent en place ; troisièmement, je note le lancement d’une indispensable réflexion sur la stratégie polonaise de gestion des déchets radioactifs et enfin, j’aime à penser que la richesse de notre collaboration pourrait constituer un quatrième support à cet édifice.

En premier lieu, 2014 restera dans les mémoires comme l’année de l’adoption du Programme Nucléaire Polonais par le gouvernement, en janvier dernier. Il s’agit d’un engagement, d’un choix clair et adapté aux besoins de la Pologne, qui lui permettra de soutenir son formidable développement économique, de renforcer son indépendance énergétique, tout en participant à la réduction des émissions de gaz à effet de serre en conformité avec les récents accords européens. La France, qui a fait le choix de l’énergie nucléaire il y a une cinquantaine d’années, ne peut que se réjouir de voir la Pologne vouloir y accéder et lui propose de partager son expérience.

Deuxième pilier, de prometteuses perspectives de financement du Programme Nucléaire Polonais se sont précisées en 2014. L’accord conclu en septembre entre PGE, KGHM, Enea et Tauron d’une part, et l’autorisation donnée par Bruxelles aux Contracts for Difference pour la construction de réacteurs EPR par EDF au Royaume-Uni d’autre part, ces décisions ouvrent des pistes de financement innovantes en Pologne. A l’heure où les investissements dans de grandes infrastructures sont difficiles en Europe, la Pologne se dote progressivement des outils et des partenariats qui lui permettront d’avancer vers un nouveau mix énergétique et de préparer l’avenir.

Permettez-moi de vous dire mon admiration du travail accompli par le gouvernement, les institutions et les industriels polonais cette dernière année pour apporter un cadre solide à l’industrie nucléaire polonaise. En octobre, est parue la première version d’un document primordial pour toute industrie nucléaire : le Plan National de Gestion des Déchets Radioactifs. Fruit d’une réflexion de grande qualité, proposant une stratégie détaillée de gestion pour les différents types de déchets, ce Plan répond au devoir que nous avons envers les générations futures, qui est de gérer durablement les déchets, afin qu’elles n’aient pas à le faire pour nous. Naturellement, sur ce sujet, l’ANDRA, l’agence française de gestion des déchets radioactifs, se tient à la disposition des institutions et des industriels polonais pour des échanges et des coopérations.

Vous pouvez imaginer, chers amis polonais, que je formule le vœu que ce quatrième pilier soit celui de notre coopération, qu’elle soit industrielle, technique ou scientifique. Dans ce cadre, j’ai en mémoire le succès récent du « Suppliers’ Day » d’EDF et d’AREVA à Katowice, le 6 novembre dernier, au cours duquel nos entreprises ont proposé à une quinzaine d’industriels de Haute-Silésie une alliance en perspective de la construction de la première centrale nucléaire polonaise. J’ai également à l’esprit les réunions de responsables majeurs de la recherche nucléaire française, MM. Hervé Bernard, Administrateur général du CEA, et Christophe Béhar, Directeur de l’Energie nucléaire au CEA, avec leurs homologues polonais, en particulier le NCBJ, l’IChTJ et le CLOR, en perspective de la constitution d’un Centre d’excellence européen pour la recherche nucléaire. Je pourrais également citer l’inauguration en présence de la Ministre de la Science et de l’Enseignement supérieur, Mme Kolarska-Bobińska, du plus puissant centre de calcul polonais au NCBJ, construit en collaboration avec l’entreprise française Bull.

A l’aube de 2015, la filière nucléaire française se tient donc toujours à l’entière disposition de la Pologne pour la suite de son Programme. Nos invités français, que je salue ce soir, offrent une excellente illustration de l’expertise nucléaire de notre pays et montrent son étendue : qu’il s’agisse du combustible, de l’exploitation, de la sûreté, de la gestion des déchets ou de bien d’autres domaines encore, notre filière maîtrise tous les aspects de la production d’énergie nucléaire et entend en faire pleinement profiter la Pologne. De plus, la présence, ce soir, de toute la filière nucléaire française montre son unité, sa cohésion et sa capacité à travailler avec vous. La marque de fabrique du nucléaire français, ce n’est pas seulement une filière sûre et productive : c’est surtout la capacité à apporter un soutien sans faille aux nouveaux projets nucléaires, dans un cadre européen…

Je saisis l’occasion de ce soir pour saluer l’accession, le 1er décembre, d’un grand Européen, Donald Tusk, aux fonctions de Président du Conseil européen. Et je voudrais rajouter que j’ai été heureux de lire, dans un récent entretien qu’il a accordé au journal Financial Times, une déclaration à la fois juste et émouvante : «  je suis européen, car je suis patriote ».

Je vous remercie pour votre attention et cède à présent la parole à Messieurs Jacques Sacreste, directeur du Département Grands Projets à EDF, et Loïc Eloy, directeur des Offres BG Réacteurs et Services à AREVA.

Dernière modification : 16/12/2014

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