Appel pour le développement de l’Europe de la défense

Coopération en matière de développement des capacités,
Solidarité dans le partage des responsabilités

Déclaration commune des ministres de la Défense de la République tchèque, de la République fédérale d’Allemagne, de la République française, de la Hongrie, de la République de Pologne et de la République slovaque à l’issue de leur rencontre à Varsovie

6 mars 2013

Même si les conséquences de la crise financière mondiale continueront à avoir des incidences sur nos budgets militaires, le renforcement de la coopération multinationale en matière de défense constitue un objectif sur lequel nous devrions tous nous concentrer. Nous demeurons résolus à œuvrer activement au renforcement des capacités européennes de défense qui contribueront au développement de la Politique de sécurité et de défense commune (PSDC) ainsi qu’au renforcement de l’OTAN.

Développement des capacités et renforcement de la coopération européenne en matière de défense

Nous sommes déterminés à développer la coopération militaire et en matière de défense entre nos pays, également en recourant à des mécanismes de coopération régionaux, notamment le Groupe de Visegrad (V4) et le Triangle de Weimar.

Nous sommes déterminés à faire de l’initiative « Défense intelligente » de l’OTAN et de l’initiative « Mutualisation et partage » de l’UE des solutions effective et efficaces à la baisse des dépenses de défense, à la seule condition qu’elles ne deviennent pas une excuse pour affaiblir d’une façon ou d’une autre les engagements nationaux en matière de défense.

L’OTAN et l’UE devraient coopérer étroitement afin de veiller à ce que leurs initiatives soient complémentaires, se renforcent mutuellement et soient axées sur la fourniture des capacités requises tout en évitant les doublons inutiles.

Nous souhaitons que notre coopération en matière de défense contribue à atteindre l’objectif du projet « Les forces de l’OTAN à l’horizon 2020 » adopté lors du Sommet de Chicago. Le maintien de l’interopérabilité des forces alliées constituera un défi majeur à cet égard, en particulier du fait que nous sommes tous confrontés à la fin de la mission de la FIAS en 2014. L’OTAN entend relever ce défi par le biais de l’Initiative d’interconnexion des forces, dans laquelle nous sommes tous engagés. Nous sommes résolus à améliorer notre coopération dans le domaine de la formation, de l’enseignement et des exercices militaires, ainsi que l’illustre notre participation aux grands exercices de l’OTAN de cette année : Steadfast Jazz en Pologne et Capable Logistician en Slovaquie. Nous appuyons la politique d’exercices de l’Alliance qui couvre un large spectre d’opérations militaires possibles. La Force de Réaction de l’OTAN devrait être un élément phare dans ce dispositif.

Notre coopération soutient les efforts visant à améliorer la compétitivité de l’industrie européenne de défense, en la rendant plus à même de fournir des capacités militaires clés grâce à des projets de haute technologie. A cette fin, nous sommes favorables à une Base industrielle et technologique de défense européenne qui accorde une grande importance aux petites et moyennes entreprises.
Le Commandement européen du transport aérien (CETA) de même que la Capacité de transport aérien stratégique (SAC) constituent des exemples importants de mutualisation des ressources dans un contexte de restrictions opérationnelles et budgétaires. Le projet "Ravitaillement en vol" dirigé par l’Agence européenne de Défense constitue également une nouvelle initiative prometteuse, de même que le Centre multinational d’entraînement aérien (MATC) mis en place dans le cadre de l’initiative "Défense intelligente" de l’OTAN.

Efficacité opérationnelle grâce à la flexibilité et la réactivité

Nous confirmons, dix ans après le premier déploiement de la PSDC, notre total soutien aux opérations militaires et missions civiles de l’UE. Elles ont prouvé la capacité de l’UE à agir sur le terrain, y compris de façon autonome, et ont démontré leur importance dans le cadre de la mise en oeuvre d’une approche globale destinée à faire face à des crises complexes. Le Mali montre que nous vivons dans un monde où la défense de nos intérêts et de notre sécurité dépendra de plus en plus de la capacité à lancer rapidement et efficacement des opérations militaires.

Nous sommes favorables à un accroissement de l’utilisation des groupements tactiques de l’UE. Le « Groupement tactique Weimar », actuellement en attente, est opérationnel grâce à la collaboration militaire de l’Allemagne, de la France et de la Pologne. Le « Groupement tactique Visegrad », qui réunira la République tchèque, la Hongrie, la Pologne et la Slovaquie démontre que nos forces peuvent être utilisées dans des cadres multiples, et complémentaires.

Nous attendons du Conseil européen de décembre 2013 qu’il continue à orienter l’évolution globale de la PSDC, notamment les opérations, les capacités et les secteurs industriels, ainsi que le prévoient les conclusions du Conseil européen de décembre 2012. Le Conseil Affaires étrangères-Défense, qui se tiendra le 23 avril 2013, représente une étape importante pour conserver la dynamique politique actuelle à cet égard.

Des mesures décisives doivent encore être prises pour affirmer une volonté politique commune d’agir et de s’attaquer aux menaces pesant sur notre sécurité. Cela devrait aller de pair avec la capacité d’agir ensemble. Notre coopération est un moyen d’améliorer le partage des charges, tant au niveau européen que transatlantique.

Dernière modification : 27/03/2013

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